Etats-Unis/Justice

NBA, Alzheimer et milliards, le tonitruant procès des époux Sterling

Donald Sterling, le sulfureux propriétaire des Los Angeles Clippers, se bat pour garder son club de basket.
Donald Sterling, le sulfureux propriétaire des Los Angeles Clippers, se bat pour garder son club de basket. REUTERS/Lucy Nicholson

Donald Sterling, le propriétaire des Los Angeles Clippers, une équipe de basket-ball de la prestigieuse NBA a-t-il perdu la tête ? Suspendu à vie par la National Basketball Association pour racisme, Donald Sterling risque maintenant de perdre son équipe, sa femme l’ayant vendue pour deux milliards de dollars, sans son accord dit-il, au motif que le milliardaire est atteint de démence sénile. Le procès s’est ouvert le 7 juillet à Los Angeles.

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Tous les ingrédients sont réunis dans cette affaire pour marquer l’opinion. Car elle touche l’univers du sport, en l’occurrence la NBA, mais aussi Donald Sterling, un milliardaire âgé, Shelly, l’épouse dont il est séparé, une maîtresse de 31 ans à laquelle il tient des propos racistes et… un bataillon d’avocats prêts à tout. Tous ces protagonistes se sont retrouvés, hier, le 7 juillet devant la Los Angeles Superior Court, à l’exception du principal intéressé, Donald Sterling qui devrait être présent ce mardi.

Les Clippers vendus 2 milliards de dollars

Le propriétaire des Los Angeles Clippers, Donald Sterling, a été frappé d’une suspension à vie par la NBA en avril dernier, pour avoir tenu des propos racistes à sa maîtresse, propos qu’elle avait enregistrés. Le milliardaire réagissait à des photos que la jeune femme avait postées sur son compte Instagram sur lesquelles on la voyait avec des Noirs, notamment une avec Magic Johnson, ancienne gloire des Lakers. Donald Sterling lui demande de les retirer et de « ne plus s’afficher à côté de Noirs » lors des matches de son équipe de basket. L’amie du propriétaire des Clippers a transmis l’enregistrement sonore au très populaire site internet TMZ ce qui a déclenché le scandale.

La NBA décide aussitôt de réagir et les sanctions tombent : suspension à vie, amende de 2,5 millions de dollars et recommandation de vente forcée des Clippers. Dès le mois de mai, le  prix de vente du club des Los Angeles Clippers est négocié pour 2 milliards de dollars ; Sterling l’avait acquis pour 12 millions de dollars en 1981. C’est l’épouse de Donald Sterling, Shelly dont il est séparé qui signe l’accord de vente avec l’ancien patron de Microsoft, Steve Ballmer.

Shelly Sterling détient en effet 50% des Clippers et a obtenu le contrôle de la fondation familiale en faisant déclarer son époux mentalement irresponsable. Dans un premier temps, Donald Sterling se dit très heureux de la transaction avant de se raviser pour finalement porter plainte et tenter de faire annuler la vente qui doit être validée le 15 juillet par la NBA.

Sterling déclaré mentalement incompétent
 

L'épouse de Donald Sterling, Shelly, arrive au tribunal de Los Angeles, le 7 juillet 2014.
L'épouse de Donald Sterling, Shelly, arrive au tribunal de Los Angeles, le 7 juillet 2014. REUTERS/Lucy Nicholson

La validité de la vente repose en grande partie sur l’expertise médicale qui a valu au milliardaire d’être déclaré mentalement incompétent. Ainsi, une des deux médecins qui a examiné en mai Donald Sterling, à la demande de Shelly et en sa présence, a conclu après analyse de deux scanners du cerveau fournis par Donald Sterling et un entretien de 80 minutes qu’il était atteint de la maladie d’Alzheimer « depuis au moins trois ans, possiblement cinq ans ».

Lors de l’audience du 7 juillet, le juge a interrogé la neurologue, Meril Platzer qui avait posé le diagnostic d’Alzheimer, pour connaître la réaction de Donald Sterling à l’énoncé de celui-ci. « Il a dit j’ai faim, je veux manger quelque chose », répond sans plus de commentaires le Dr Platzer. Un témoignage important pour le juge chargé de dire si, oui ou non, la procédure en cours qui a fait perdre à Donald Sterling son statut d’administrateur du trust familial pour des raisons de santé est légale. 

Pour les avocats de Donald Sterling la manœuvre est évidente : ils accusent « la NBA de vouloir se débarrasser de leur client et d’avoir scellé un pacte avec Shelly ». Mais, insistent ces derniers, à l’origine de toute l’affaire, la procédure de la NBA est elle-même illégale, car elle s’appuie sur l'enregistrement clandestin d'une conversation privée, irrecevable selon la loi californienne. Donald Sterling réclame d’ailleurs à la puissante organisation sportive un milliard de dollars de dommages et intérêts pour non-respect de sa vie privée.

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