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Terrorisme

Al-Qaïda: le «New York Times» dénonce le business des otages

Le président français François Hollande entouré des ex-otages Marc Feret, Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol (de gauche à droite), le 30 octobre 2013.
Le président français François Hollande entouré des ex-otages Marc Feret, Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol (de gauche à droite), le 30 octobre 2013. REUTERS/Jacky Naegelen
Texte par : RFI Suivre
2 mn

D’après le New York Times, le réseau al-Qaïda serait financé de moitié par les rançons payées par les gouvernements européens lors des prises d’otages. Le quotidien a enquêté dans dix pays, et interrogé des diplomates et spécialistes du sujet à travers le monde. La plupart des interlocuteurs s’expriment sous couvert de l’anonymat.

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Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

« L’Europe est devenue, sans le vouloir, un financier d’al-Qaïda », écrivent nos confrères du New York Times. Le commerce des otages en Afrique a rapporté, selon cette enquête, entre 125 et 165 millions de dollars aux organisations terroristes depuis 2008. Près de 66 millions de dollars pour la seule année 2013.

Ces sommes proviendraient des rançons payées par les gouvernements européens qui « rachètent » leurs ressortissants. Depuis 2008, la France aurait déboursé 58 millions de dollars, ce qui fait d'elle le principal pourvoyeur de fonds de l'organisation terroriste. 

Hausse des prix

En dix ans, le prix d’une vie européenne a considérablement augmenté. Les ravisseurs demandaient 200 000 dollars en 2003, l’année dernière, il fallait débourser environ 10 millions pour récupérer un otage.

Le New York Times détaille les filières et les pratiques. Les organisations sous-traitent les opérations : des groupes mafieux enlèvent et revendent les otages, avant de prendre un pourcentage sur la transaction finale. Le journal affirme détenir des preuves de ce commerce et des écrits de responsables d’al-Qaïda se réjouissant de cette manne. C’est le cas par exemple de Nasser al-Wuhayshi : « L'enlèvement d'otages est un butin facile que je pourrais décrire comme un commerce rentable et un précieux trésor. »

Intransigeance anglo-saxonne

Les États-Unis et la Grande-Bretagne semblent être les deux seuls pays occidentaux à ne pas accepter ces règles. Leurs diplomates critiquent d’ailleurs la politique des pays européens. Selon Vicki Huddleston, ancienne ambassadrice des Etats-Unis au Mali, cette stratégie rend « nos citoyens vulnérables ».

Cette volonté de ne pas payer les rançons a un coût. Peu de ressortissants réchappent à leurs ravisseurs. « Lors d’un enlèvement, un passeport britannique équivaut à un acte de décès » explique un Anglais dont le frère fut pris en otage avant d'être tué dans le Sahel.

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