Guatemala

L’OEA souhaite un nouveau débat sur les drogues aux Nations unies

Jose Miguel Insulza, le secrétaire général de l'OEA s'est exprimé pour une réforme de la convention sur les drogues.
Jose Miguel Insulza, le secrétaire général de l'OEA s'est exprimé pour une réforme de la convention sur les drogues. REUTERS/Jorge Dan Lopez

L’Organisation des Etats d’Amérique (OEA), qui tenait vendredi 19 septembre sa 46e Assemblée générale extraordinaire au Guatemala, a approuvé une résolution qui demande aux Etats membres de chercher de nouvelles stratégies pour lutter contre le narcotrafic. Il souhaite également trouver des possibles réponses aux nouveaux défis de ce problème «mondial». Cette résolution a été votée par 32 pays sur 34 (Bahamas et Grenade étant absents). A l’occasion de cette assemblée générale, les pays d’Amérique latine et d’Amérique du sud n’ont pas hésité à fustiger la politique prohibitionniste des Etats-Unis. Ils cherchent, selon eux, à affronter directement les cartels de la drogue sans prendre en compte les conséquences de cette politique dans les pays d’Amérique centrale et du sud.

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Ecoutez le président du Guatemala, Otto Perez Molina, à la tribune de l'OEA

Les mots employés durant cette Assemblée générale extraordinaire étaient pour le moins sévères envers les Etats-Unis. La politique en matière de stupéfiants « ne répond pas aux intérêts et besoins de nos pays mais à ceux d'un autre pays », sous-entendu les Etats-Unis, a asséné Otto Perez, président du Guatemala.

La politique prohibitionniste américaine basée sur la répression a par exemple mis à mal la souveraineté de certains pays, estime Ricardo Patiño, le représentant équatorien à l’OEA.

L'initiative de l'Uruguay scrutée

Selon le représentant mexicain, cette fuite en avant a entraîné son pays dans une guerre contre les cartels qui a coûté la vie à au moins 80 000 personnes depuis 2006. C’est pourquoi l’Organisation des Etats d’Amérique a approuvé une résolution qui vise à trouver de nouvelles méthodes, de nouvelles stratégies pour endiguer les problèmes liés à la drogue. Cela va bien entendu de la guerre contre les cartels, aux politiques sociales et de prévention qui doivent être menées.

L’exemple de l’Uruguay, qui a décidé l’année dernière de légaliser la consommation du cannabis, tout en encadrant cette consommation, sera scruté par ses voisins et plus généralement par l’ensemble du continent. « Il est nécessaire d’innover, de trouver une posture toujours plus progressiste », a martelé le président guatémaltèque Otto Perez.

Pour le secrétaire général de l’OEA, le Chilien José Miguel Insulza, cette résolution est un texte qui doit permettre de faire avancer le futur débat aux Nations unies, qui devrait, selon ses dires, permettre une réforme de la convention sur les drogues. Un texte selon lui obsolète, puisque rédigé en 1961.

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