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Brésil / Présidentielle

Brésil: trois semaines pour séduire les électeurs de Marina Silva

La présidente brésilienne, candidate de gauche Dilma Rousseff (G) et le candidat social-démocrate Aecio Neves.
La présidente brésilienne, candidate de gauche Dilma Rousseff (G) et le candidat social-démocrate Aecio Neves. REUTERS/Paulo Whitaker
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Au Brésil, la campagne pour le second tour de la présidentielle a commencé, lundi 6 octobre, au lendemain du premier tour qui a vu la sortante Dilma Rousseff obtenir 41,5 % des suffrages. Le candidat du Parti social démocrate Aecio Neves a créé la surprise en récoltant 33,6 % des voix, loin devant que l'écologiste Marina Silva. La date du second tour de l'élection est fixée au 26 octobre.

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Avec notre envoyé spécial à Sao Paulo,  Achim Lippold

Le sénateur Aecio Neves devrait poursuivre sa stratégie de la campagne du premier tour, à savoir, attaquer la présidente Dilma Rousseff sur les affaires de corruption. Cette stratégie s’est révélée très efficace jusqu'à maintenant, la lutte contre la corruption restant une priorité, du moins un sujet de préoccupation, pour les Brésiliens.

Le candidat du parti de centre-droit va aussi chercher sa rivale sur le terrain économique. Faible croissance, inflation importante : Aecio Neves tentera de mettre ces mauvais indicateurs sur le dos de la présidente.

Quel report des voix de Marina Silva ?

Comment Dilma Roussef va-t-elle se défendre ? Probablement en rappelant aux Brésiliens l’époque du précédent gouvernement social-démocrate, c’était dans les années 1990 sous le président Fernando Henrique Cardoso. Une époque marquée par une forte augmentation du chômage et des inégalités sociales, liés notamment à une politique de restriction budgétaire.

Tous les deux candidats vont à présent essayer de séduire l'électorat de l'écologiste Marina Silva, éliminée au premier tour. Dilma Rousseff a demandé à son prédécesseur Lula de s'approcher de la candidate pour savoir si elle voudra soutenir la présidente.

Aecio Neves, celui que les milieux d’affaires attendaient

La qualification du sénateur Aecio Neves pour le second tour de la présidentielle au Brésil était la grande surprise du premier tour de dimanche. Peu connu des Brésiliens en dehors de son bastion, l’Etat de Minais Gerais, Aecio Neves a su forger au cours de la campagne un statut de présidentiable. Mais c’est à Sao Paulo que le candidat du Parti social-démocrate a raflé la mise avec 44 % (contre 25 % pour Dilma Rousseff). A la grande joie du monde des affaires, comme l’a pu constater notre envoyé spécial.

C’est sur l’avenida Paulista que les grandes entreprises et instituts financiers ont installé leur siège. Nous sommes au cœur de l’économie brésilienne, et ce cœur bat pour Aecio Neves. « Le dernier débat télévisé entre les candidats a eu un impact décisif sur le vote. Aecio Neves a réussi à se présenter comme quelqu’un qui est plus qualifié que les autres à exercer la fonction présidentielle », affirme Mauro Oliveira, cadre chez un fournisseur automobile.

La pharmacienne Eliene Rosa a également voté pour Aecio Neves. Elle souhaite avant tout un changement du gouvernement. « Je vous jure, en 2002 j’ai voté pour Lula. J’ai pensé qu’il allait changer le pays. Mais j’étais déçue et je n’ai plus jamais voté pour le Parti des travailleurs. Et là je trouve que ça suffit : ils ont fait de notre pays un bazar et s’en sont mis plein les poches. »

Selon le banquier Rafael de Souza, Aecio Neves a une vraie chance de gagner. « Ceux qui ont voté pour Marina Silva soutiendront Aecio Neves. Ici, les gens n’en peuvent plus de Dilma Rousseff. Aecio Neves, c’est mon futur président », lance-t-il.

Cette perspective réjouit également la Bourse de Saõ Paulo. Ce lundi matin, elle a fait un bond de 7 %.

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