Revue de presse des Amériques

A la Une : les Etats-Unis préoccupés par les combats à Kobane

Des Kurdes, désemparés, regardent depuis le frontière turque les attaques du groupe Etat islamique sur la ville de Kobane, le 7 octobre 2014.
Des Kurdes, désemparés, regardent depuis le frontière turque les attaques du groupe Etat islamique sur la ville de Kobane, le 7 octobre 2014. AFP PHOTO / ARIS MESSINIS

Publicité

La progression de l’organisation État Islamique montre-t-elle les limites de la politique d’Obama se demande le Christian Science Monitor. Les Etats-Unis ne veulent pas engager de troupes terrestres mais les frappes n’ont fait que ralentir l’avancée des jihadistes sans les arrêter, fait-il remarquer. Le chercheur spécialiste de la sécurité Christopher Harmer cité dans l’article « si nous voulons gagner, nous devons poser nos bottes au sol, il n’y a pas d’autre solution », estime-t-il.

Obama, lui, a opté pour des troupes locales au sol, rappelle le New York Times. Le temps que les Américains arment et forment les rebelles de l’opposition syrienne, la Turquie pourrait jouer un rôle vital. Mais les Etats-Unis sont effondrés par l’inaction de la Turquie, qui tente d’arracher des concessions non seulement aux Américains mais aussi aux leaders kurdes, ses ennemis intérieurs, conclut le New York Times.

Au Mexique, poursuite de l’enquête sur la disparition de 43 étudiants à Iguala et sur l’identification de 28 cadavres retrouvés dans une fosse : le maire mis en cause.

La police fédérale et l’armée ont procédé au désarmement de la police municipale accusée de collusion avec des bandes criminelles, rapporte Milenio. Vingt-deux d’entre eux sont en détention. L’éditorialiste rappelle qu’en mai 2013, un membre du PRD de Guerrero, le parti de gauche, avait été assassiné, et certains témoins survivants avaient identifié les auteurs comme étant le maire d’Iguala, José Luis Abarca et son chef de la police.

Le site Reporte Indigo publie d’ailleurs un dossier complet sur « le maire infiltré d’Iguala ». Une plainte aurait été déposée contre lui, le désignant comme l’un des chefs de Guerreros Unidos, le groupe criminel accusé d’avoir tué, brûlé et enterré les étudiants.

Toujours au Mexique, les autorités ont découvert pour la première fois une fabrique d’armes assemblées dans le pays et vendues au crime organisé.

Lors d’une perquisition, les autorités ont saisi 18 armes d’assaut de type AR-15 fabriquées dans deux fermes de l’Etat de Jalisco, rapporte Excelsior. Ces armes étaient vendues au Cartel Jalisco Nouvelle Génération, et à des groupes criminels du Michoacán. « Ils fabriquaient une partie du mécanisme, recevaient des pièces en matière plastique, et dans ces fermes ils assemblaient les fusils », a expliqué le procureur. Les autorités fédérales mexicaines et américaines suivent la piste d’une organisation qui utiliserait du matériel en provenance des Etats-Unis. Quatre personnes ont été arrêtées. Une centaine d’armes de ce type auraient ainsi été assemblées et vendues.

En Colombie, la communauté autochtone des Wiwas a subi un coup dur lorsque la foudre a frappé dimanche la maison où étaient réunis les chefs traditionnels.

Les éléments ne laissent pas de répit aux communautés autochtones, écrit Semana. Dimanche, alors que les chefs spirituels Wiwas étaient réunis dans la maison traditionnelle, onze d’entre eux sont morts foudroyés, dix-huit ont été blessés. Sur le site, les photos montrent les restes de la maison calcinée. El Tiempo parle de la tragédie des Wiwas, une des quatre communautés autochtones qui peuplent la Sierra Nevada de Santa Marta au nord de la Colombie. Une région reculée, où les populations font corps avec la nature, rappelle El Tiempo, et où les paratonnerres ne sont pas installés. Selon les chiffres du réseau de détection, la foudre frappe chaque année en Colombie 8 millions de fois et tue une centaine de personnes. A ce drame s’ajoutent des coulées de boues qui ont tué hier cinq personnes de la communauté arhuaca.

En Haïti, l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier continue à susciter des remous après sa mort.

Alors que le Miami Herald publie un reportage à Port-au-Prince sur les nostalgiques de l’ère Duvalier, le Nouvelliste se demande : « Que reste-t-il de bien grand du règne de Duvalier qui mérite des célébrations ou une réminiscence? ». « Rien », répond-t-il.

Mais « comme une fatalité, ce n’est pas sur son héritage que nous nous étripons », fait remarquer l’éditorialiste, « mais nous pinaillons sur la nécessité ou non de lui faire des funérailles nationales ». Alors que « la machine totalitaire est à démonter jusque dans les plus petites pièces de son mécanisme pernicieux, nous préférons parler protocole et symbole », se désole-t-il. « Nous ne savons pas comment gérer notre encombrant passé », conclut-il.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail