La revue de presse des Amériques

A la Une: le Canada traumatisé après l’attaque du Parlement

Les forces spéciales et la police canadienne ont été déployées autour du Parlement d'Ottawa, mercredi 22 octobre, pour traquer le ou les auteurs d'une fusillade.
Les forces spéciales et la police canadienne ont été déployées autour du Parlement d'Ottawa, mercredi 22 octobre, pour traquer le ou les auteurs d'une fusillade. REUTERS/Blair Gable

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La presse canadienne se fait naturellement l'écho du choc dans l’opinion à la suite de l’assaut meurtrier d’Ottawa. Jamais le Canada n'avait subi un assaut de ce genre en pleine capitale. Cela va marquer les esprits pour longtemps selon The National Post pour qui « les images de l'assaut du Parlement frappent et horrifient : un soldat abattu en faisant son devoir dans le noble mémorial de la guerre, des députés se barricadant avec des chaises et des touristes tremblant à l'ombre de la tour de la paix ».

Le journal Le Devoir fait parler une députée qui a été parmi les premières personnes à témoigner, via Twitter, sur l'attaque depuis le bâtiment : « Je me suis dit, voilà notre 11-Septembre à nous et beaucoup de choses ici vont changer... »

Un « héros national »

Comme après le choc de l'attentat de New York, des portraits sont consacrés à celui qui est considéré désormais comme un « héros national ». Le sergent d'armes Kevin Vickers, 58 ans, est le responsable de la sécurité du bâtiment. C’est cet homme qui aurait abattu par balles l'auteur de l'attaque. Le journal canadien francophone La Presse donne la parole au maire de sa ville natale, dans l’Etat du Nouveau-Brunswick : « C'est un honneur pour nous, c'est un héros national ! »

Même si les motivations de l'auteur de l'attaque demeurent floues, des portraits de Michael Zehaf-Bibeau ont très vite circulé sur le web, le décrivant comme un jeune délinquant tenté par le jihad. Une question revient souvent dans la presse canadienne ce jeudi 23 octobre : le Canada est-il désormais une cible pour les terroristes ? Le journal La Presse a interviewé le chef de la police de Calgary, Rick Hanson, qui rappelle que le Canada a déjà été menacé par le groupe Etat islamique du fait de son intervention militaire avec la coalition internationale en Irak et en Syrie.

Mais c’est la piste du « loup solitaire », un terroriste sans lien avec les groupes islamistes, qui est privilégiée par des sources anonymes de la gendarmerie. Selon ces gendarmes, Michael Zehaf-Bibeau « a le même profil de gars qui a des problèmes personnels », le même profil que Martin Couture-Rouleau qui a tué un militaire à Saint-Jean-sur-Richelieu, « un être psychologiquement instable », selon les gendarmes.

La sécurité au Parlement remise en question

Le journal La Presse cite encore un député qui souligne la facilité avec laquelle un potentiel assaillant peut s'introduire dans l'enceinte. « Certes, les visiteurs doivent franchir un détecteur de métaux, mais si quelqu'un veut se précipiter dans l'immeuble il n'a qu'à marcher, sortir son arme et courir avant que quelqu'un puisse intervenir », dit le député. Il ne faudrait pas faire de la maison du peuple une forteresse, mais selon le journal La Presse, ce mercredi noir devrait constituer un tournant.

La facilité avec laquelle cette attaque a été menée fait aussi réagir la presse des Etats-Unis, alors qu’on apprenait, le même jour, qu'une nouvelle  personne a réussi à s'introduire dans le jardin de la Maison Blanche à Washington. Le Wall Street Journal donne la parole à des experts du contre-terrorisme. Selon eux, l'attaque d'Ottawa va créer un « bouleversement » des protocoles.

Surtout, la survenue de deux attaques en moins d'une semaine, dont les auteurs sont originaires non pas de pays lointains mais d'Amérique même, va obliger les dirigeants américains à remodeler leur politique antiterroriste. Désormais, il n’est plus question de simplement capturer et tuer des terroristes à des milliers de kilomètres ; la menace existe maintenant à leurs frontières et il faudra forcément changer de méthode, estiment les experts cités par le Wall Street Journal.

Etudiants disparus : une marche de la colère et de l’espoir à Mexico

« Retrouver les étudiants et punir les responsables. » C'est le message des professeurs mais aussi des parents des disparus qui, mercredi, ont marché deux heures durant dans la capitale mexicaine, chandelle à la main. Après les violences de ces derniers jours, ils ont voulu s'adresser pacifiquement au gouvernement.

Le quotidien El Universal leur consacre un reportage. Avec le témoignage entre autres d'Epifanio, ce père qui attend son fils « depuis 26 nuits ». Comme les autres parents, il demande au gouvernement d'agir ou d’en subir les conséquences.

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