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Revue de presse des Amériques

A la Une: le policier qui a tué M. Brown relaxé, Ferguson s’enflamme

A Ferguson, les manifestations ont dégénéré suite à la relaxe du policier qui a tué Michael Brown, dans la nuit du 25 novembre 2014.
A Ferguson, les manifestations ont dégénéré suite à la relaxe du policier qui a tué Michael Brown, dans la nuit du 25 novembre 2014. REUTERS/Stephen Lam

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« Les flammes de la rage » titre en grandes lettres le Saint Louis Post au-dessus d'une photo pleine page montrant les magasins incendiés à Ferguson. « Des mois de colère et de frustration n'ont mené qu'à plus de colère et plus de frustration », regrette le New York Times. « Le malaise de la communauté afro-américaine est palpable à travers l'ensemble du pays », constate le quotidien qui détaille : « A Manhattan, plusieurs centaines de manifestants ont crié leur colère de la septième Avenue jusqu'à Times Square. À Philadelphie, une immense foule pacifique s'est rassemblée au centre-ville, chantant en cœur “Justice pour Michael Brown”. Et dans le sud de Los Angeles, les manifestants scandaient “De Ferguson à L.A, ces flics tueurs vont devoir payer ».

Que faut-il penser de la décision du Grand Jury
 
Alors la question qui revient aujourd'hui dans presque tous les commentaires est celle de savoir ce qu'il faut penser de la décision du Grand Jury. Et la majeure partie des éditorialistes pensent que cette décision doit être acceptée et que les jurés eux-mêmes méritent du respect. À l'instar du Washington Post qui écrit : « Si on prend en considération la pression qui pesait sur les membres du Grand Jury, on doit s'incliner devant leur courage : ils ont résisté à la colère de la foule. Ils ont pris leur décision en se basant sur les faits et les preuves et non sur ce que les gens, qui n'ont pas vu la fusillade, ont raconté aux médias. D'ailleurs », poursuit le journal, « les enquêteurs fédéraux, envoyés par le Département de la Justice pour mener une enquête sur d'éventuelles violations des droits civiques à Ferguson arrivent, selon nos informations, à la même conclusion que les jurés : eux non plus n'ont pas d'élément à charge contre Darren Wilson, même si leur enquête continue ».

« Ferguson doit donc faire au mieux avec la décision du Grand Jury », estime l'éditorialiste du journal local Saint-Louis Post. « Et faire au mieux ne veut pas dire incendier les magasins ou se livrer à de violents affrontements avec la police. Au contraire, il faut continuer à mener le combat pacifiquement pour une véritable égalité entre Afro-Américains et Blancs pour que Michael Brown ne soit pas mort pour rien ».

Toujours pas d’égalité entre Afro-Américains et Blancs
 
Mais justement, selon l'avis de la plupart des analystes, cette égalité n'existe toujours pas aux États-Unis. « L'image qui restera à jamais gravée dans ma mémoire est celle du corps sans vie, couvert de sang, de Michael Brown. Ce corps qui est resté là, sans être couvert, en plein milieu de la rue, pendant quatre heures », écrit Johana Wald, une spécialiste des questions raciales et de justice à la célèbre université Haward dans les colonnes du Boston Globe. Et Johana Wald poursuit : « La décision du Grand Jury de ne pas inculper Darren Wilson n'effacera pas cette image. Aucune justification du département de la Police de Ferguson ne va jamais me convaincre qu'on aurait abandonné un corps de blanc de cette façon dans la rue. Cette image a démontré une bonne fois pour toutes que nous ne sommes pas encore, comme certains auraient voulu nous faire croire, une société post-raciale, mais que dans notre pays, il existe bel et bien deux systèmes de justice : l'un pour les Américains blancs et l'autre pour les Américains noirs, et notamment pour les Américains, jeunes, noirs et masculins », conclut la professeure en droit de Haward.

Les preuves et témoignages vont être rendus publics
 

Pour permettre un retour au calme, le procureur de Ferguson a pris une décision assez exceptionnelle. « Traditionnellement, le travail d'un Grand Jury est une procédure tenue secrète », souligne USA Today qui estime qu'« il n’est donc pas étonnant que beaucoup de gens, n'ayant pas vu ce que les membres du jury ont vu, doutent de la justesse de sa décision et soient en colère. Le procureur de Saint-Louis a donc pris la rare décision de rompre avec cette tradition. Lundi soir, il a promis de publier l'ensemble des preuves et des témoignages qui ont été portés à la connaissance du Jury. Ceux qui doutent de la décision des 12 jurés auront donc l'occasion de se faire leur propre idée. Et ils arriveront probablement à la même conclusion : la mort de Michael Brown était une tragédie, mais pas un crime », écrit USA Today.

 

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