Etats-Unis/Défense

Etats-Unis: pourquoi le ministre de la Défense a-t-il «été démissionné»

Chuck Hagel reprochait au cercle resserré de la Maison Blanche de ne pas prendre suffisamment au sérieux la menace jihadiste.
Chuck Hagel reprochait au cercle resserré de la Maison Blanche de ne pas prendre suffisamment au sérieux la menace jihadiste. Reuters

Les raisons qui ont amené Chuck Hagel, l’ancien sénateur du Nebraska, seul républicain dans l’administration Obama, à démissionner de son poste de secrétaire à la Défense, moins de deux ans après avoir pris ses fonctions, sont multiples. Décryptage.

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Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Il serait plus juste de dire que Chuck Hagel « a été » démissionné. En dépit de l’éloge que lui a décerné Barack Obama en annonçant son départ - il a parlé d'un « secrétaire à la Défense exemplaire » -, c’est tout de même lui qui l’a poussé vers la porte de sortie. Il lui était reproché de ne pas avoir soutenu avec suffisamment d’énergie la politique de l’administration. Il avait été choisi, après le départ de Bob Gates, puis de Leon Panetta, pour assurer la transition du Pentagone à un moment où les Etats-Unis mettaient fin à la guerre en Irak et s’apprêtaient à quitter l’Afghanistan. Le budget de la défense avait été réduit.

Et puis le Moyen-Orient s’est de nouveau embrasé. L’organisation Etat islamique a vu le jour, et les Américains sont de nouveau forcés de se mobiliser contre ce danger. Or Hagel reprochait au cercle resserré de la Maison Blanche, dont il se sentait exclu, de ne pas prendre suffisamment au sérieux la menace jihadiste. Hagel avait aussi adressé une lettre à Susan Rice, qui dirige le Conseil national de sécurité, dans laquelle il demandait à Obama de clarifier sa position concernant le sort de Bachar el-Assad. La lettre avait déplu. Quand il a discuté avec Obama de son intention de démissionner, celui-ci n’a fait aucun geste pour l’en dissuader.

L’armée le regrettera. Il était très populaire auprès des troupes, ayant lui-même combattu au Vietnam où il avait été blessé et où il avait reçu deux médailles. Quel que soit le candidat qui ve le remplacer, ce ne sera pas facile, car avec le Sénat qui sera sous le contrôle des républicains à partir de janvier, ceux-ci vont être retors à confirmer quelqu’un qui ne soit pas de leur goût.

Mais quelques noms de successeurs courent déjà : parmi eux, celui de l’ancien secrétaire adjoint de la Défense, Ashton Carter et celui du sénateur démocrate Jack Reed qui siège à la Commission des forces armées. Et en tête de liste, celui de Michèle Fournoy, ancienne sous-secrétaire à la Défense lors du premier mandat d’Obama. Si elle est choisie, elle sera la première femme à diriger le Pentagone.

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