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Etats-Unis/Guantanamo/Uruguay

Etats-Unis: six détenus de Guantanamo transférés en Uruguay

L'entrée du camp Delta de Guantanamo, situé dans l'île de Cuba
L'entrée du camp Delta de Guantanamo, situé dans l'île de Cuba Creative commons

Selon le Pentagone, six détenus de Guantanamo ont été transférés, ce dimanche 7 décembre vers l'Uruguay, en vertu d'un accord passé entre Washington et Montevideo. L'Uruguay a confirmé leur arrivée, et leur accueil pour des raisons humanitaires. Ce départ porte à 136 le nombre de détenus encore enfermés dans la prison militaire américaine située sur l'île de Cuba.

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Quatre Syriens, un Tunisien et un Palestinien, détenus depuis plus de 10 ans à Guantanamo, ont été transférés ce dimanche 7 décembre en Uruguay. Un des Syriens transférés, Jihad Diyab s'était fait connaître pour avoir demandé à la justice américaine d'ordonner aux autorités de Guantanamo de cesser de l'alimenter de force pendant sa grève de la faim.

Selon l'accord, les six prisonniers doivent être accueillis comme réfugiés par le pays. Les anciens prisonniers vont bénéficier en Uruguay d'une aide non-négligeable : logement, travail, couverture sociale, tout a été prévu. Et selon Pepe Mujica, « le jour où ils souhaiteront s’en aller, ils pourront partir », contrairement à ce que réclamait Barack Obama qui souhaitait qu’ils restent au moins deux ans en Uruguay.

Ancien guérillero, le président uruguayen Pepe Mujica, dont le terme du mandat arrive à échéance, avait milité pour que les Etats d'Amérique latine accueillent des détenus de Guantanamo. Son successeur, Tabaré Vazquez, une fois élu, avait quant à lui apporté son soutien à l'initiative, en la qualifiant de « geste humanitaire ». Le processus de transfert s'est accéléré la semaine dernière après la publication vendredi d’une lettre ouverte du président José Mujica sur le site internet de la présidence uruguayenne.

Promesses de Barack Obama

Pepe Mujica y rappelle que son objectif était d'aider Barack Obama à tenir ses promesses et à fermer la prison militaire controversée, devenue symbole des excès de la lutte antiterroriste. Mais le projet du président américain de transférer les détenus de l'île de Cuba dans des prisons situées sur le territoire américain s'est heurté à plusieurs reprises à l'hostilité du Congrès.

Pepe Mujica précise qu'il a demandé en échange aux Etats-Unis de rompre l'embargo sur Cuba, et de libérer quatre détenus : un Portoricain, le nationaliste Oscar Lopez Rivera et trois Cubains membres des «Cuban five» encore emprisonnés, un groupe condamné pour espionnage en 1998.

Le transfert de ces six détenus est le plus important départ groupé depuis 2009. Il porte désormais à 136 le nombre de détenus encore enfermés dans le centre de détention militaire de Guantanamo.

Accélération des transferts

Notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio, explique que les Etats-Unis ont relocalisé, cette année, 19 détenus de la prison de haute sécurité de Guantanamo. Dans le groupe libéré cette semaine, aucune charge n’avait été retenue contre les prisonniers. Les 6 hommes étaient donc libérables, comme 67 autres, toujours détenus, mais pour la plupart, un retour dans le pays d’origine n’est pas possible pour des raisons de sécurité.

L’administration américaine doit donc trouver des pays d’accueil. C’est par ces relocalisations que la Maison Blanche espère atteindre son objectif : vider le centre de détention à défaut de le fermer.

Le président américain, Barack Obama souhaite accélérer la cadence, alors que son mandat se termine dans 2 ans. S’il parvient à le faire, si seuls restent à Guantanamo les 69 prisonniers reconnus comme dangereux, l’administration espère pouvoir convaincre le Congrès du bien-fondé de son but ultime. La cohabitation, qui s’annonce difficile en janvier avec les républicains, risque d’hypothéquer cette option. Le dossier sera certainement sur le bureau du prochain président des Etats-Unis en 2017.

Ecoutez Gastón Grisoni, président du CRYSOL, association d'anciens prisonniers politiques de l'Uruguay (en espagnol)

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