La revue de presse des Amériques

A la Une: un nouveau canal pour relier l’Atlantique au Pacifique

Le président nicaraguayen, Daniel Ortega, et l’entrepreneur chinois, Wang Jing, après la signature de l’accord sur le canal, le 14 de juin à Managua.
Le président nicaraguayen, Daniel Ortega, et l’entrepreneur chinois, Wang Jing, après la signature de l’accord sur le canal, le 14 de juin à Managua. Reuters

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Ce lundi 22 décembre 2014 débute la construction d’un nouveau canal interocéanique, une œuvre aussi gigantesque que controversée. Ce premier coup de pioche fait la Une de la presse locale. D’après El Nuevo Diario, une grande cérémonie est prévue à partir de 17 heures dans la capitale Managua, en présence notamment du président Daniel Ortega et des hauts responsables de l’entreprise chinoise HKND qui réalisera les travaux.

Ces travaux sont très contestés par une partie de la population. La preuve : parallèlement à l’inauguration, les manifestations contre ce chantier pharaonique vont se poursuivre. En première ligne de la contestation, les paysans et les indigènes. Ils craignent d’être déplacés et expropriés, rapporte El Nuevo Diario. « Je continue de lutter parce que je ne veux pas de ce canal, je ne veux pas vendre mes terres », explique un habitant au journal.

Selon un autre quotidien, La Prensa, la police a renforcé son dispositif autour de la zone où doivent débuter les travaux. En fait, le gouvernement a peur que le mouvement de contestation ne prenne de l’ampleur, explique l’un de ses dirigeants à La Prensa. Selon lui, les autorités font tout pour empêcher que des manifestants n’envahissent les rues lors de l’inauguration du canal. « Elles souhaitent donner aux Chinois l’impression que  toute la population nicaraguayenne soutient le projet ».

Obama critiqué pour son rapprochement avec Cuba

Des manifestations ont également eu lieu à Miami. Ce week-end, des Cubains anti-castristes ont protesté contre la nouvelle politique américaine à l’égard de La Havane. C’est à lire dans le Miami Herald. Quelques centaines de personnes se sont rassemblées dans le quartier Little Havana. Aux cris de Obama traidor - Obama traitre - ils ont exprimé leur mécontentement à la décision de rétablir des relations diplomatiques entre les deux pays.

Plusieurs élus ont pris la parole. Le Miami Herald cite le républicain Lincoln Diaz-Balart. D’après cet ancien membre de la Chambre des représentants, le réchauffement du climat politique entre Cuba et les Etats-Unis n’aura pas de conséquences sur la vie des Cubains. « Les dollars qui vont affluer vers l’île iront dans la poche des frères Castro », a-t-il déclaré. Un avis partagé par le groupe d’opposition « Dames en blanc » qui continue à réclamer la libération des prisonniers politiques.
Une de ses membres se confie au Los Angeles Times : « En mettant un terme à l’embargo, Barack Obama ne fait que renforcer la répression du gouvernement cubain sur nous », explique Maria Cristina Labrada.

D’autres opposants s’interrogent sur le rôle qu’a joué Fidel Castro dans la décision de se rapprocher des Etats-Unis. Reinaldo Escobar, qui dirige le site d’information 14ymedio, en est convaincu : « C’est Raul Castro qui s’est imposé par rapport à son frère. Le silence de Fidel (qui ne s’est pas exprimé sur la spectaculaire volte-face diplomatique) signifie qu’il est politiquement mort ».

Un Premier ministre par interim pour Haiti
 
Elle s’appelle Florence Duperval Guillaume et a été désignée dimanche 21 décembre par le président Michel Martelly. Alterpresse s’interroge : « Cette nouvelle décision serait-elle susceptible d’évacuer l’épineuse question du 12 janvier 2015 (la fin du mandat pour les deux-tiers des sénateurs et de l’ensemble de la Chambre des députés NDLR) qui suscite de nombreuses préoccupations ? Est-on encore dans la démarche de consensus ou bien, au contraire, dans une logique de coup de force », continue le directeur d’Alterpresse Gotson Pierre, qui se demande quelle attitude devraient adopter les citoyens « alors que les voyants économiques sont au rouge et la situation sociale extrêmement difficile au moment où la décote de la monnaie haïtienne frôle les 50 gourdes pour 1 dollar ? »

Et Gotson Pierre de rappeler que« durant les dernières décennies, autant les militaires, les administrations autoritaires qui leur ont succédé, que les secteurs en lutte pour le pouvoir, ont souvent effectué une lecture erronée des rapports de forces en présence. L’instabilité chronique de ce pays est en partie due à cette myopie », conclue Alterpresse.

Sandra, un orang-outan, bientôt libérée ! 

C’est un cadeau inespéré pour Sandra, un orang-outan de 29 ans du zoo de Buenos Aires. Après avoir passé toute sa vie en captivité, elle retrouvera bientôt sa liberté. La justice argentine a reconnu l’animal comme une « personne non humaine ». Sandra peut de ce fait « jouir de droits basiques, comme celui d'être libre ».

Pour les juges, priver Sandra de sa liberté est illégal. Cette décision, une première mondiale, est jugée « historique » selon un responsable du zoo qui s’exprime dans Clarin. « La justice argentine a jusqu’à présent considéré les animaux comme des choses. Ce jugement crée un précédent. D’autres animaux pourraient également retrouver la liberté ». Quant à Sandra, elle sera transférée dans un sanctuaire au Brésil, rapporte Clarin.

 

 

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