Canada

Les forces canadiennes engagées au sol face au groupe EI

Le ministre canadien de la Défense Rob Nicholson lors d'une séance de questions au gouvernement à la Chambre des communes à Ottawa.
Le ministre canadien de la Défense Rob Nicholson lors d'une séance de questions au gouvernement à la Chambre des communes à Ottawa. REUTERS/Chris Wattie

Le gouvernement canadien a-t-il vraiment tout dit de la participation de ses soldats à la coalition internationale contre l'organisation Etat islamique ? Certains en doutent après des accrochages entre l'armée canadienne et les jihadistes sur le sol irakien. L’armée a confirmé des échanges de tirs ces dernières semaines. Et pourtant, en théorie, le Canada ne participe pas aux combats terrestres malgré son engagement dans la coalition.

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Avec notre correspondante à Montréal,

Plus de 600 soldats canadiens participent actuellement à la coalition chargée de lutter contre le groupe Etat islamique, essentiellement en appui aux missions aériennes avec des avions de chasse CF18 et deux avions de surveillance. Les incidents rapportés par les militaires canadiens il y a quelques jours sont de nature différente. Les accrochages se seraient produits non loin du nord de Mossoul.

Les Canadiens accompagnaient alors des Kurdes peshmergas, quand ils ont été pris à partie par des combattants des forces islamistes. Ils auraient répliqué et tué des tireurs. Cet incident s’ajoute à un autre échange de tirs la semaine passée, toujours entre des soldats canadiens et des forces de l’EI, alors qu’ils formaient des Kurdes aux techniques de combat. Pour l’instant, il semble que le Canada soit le seul pays de la coalition à avoir échangé des tirs directs avec des jihadistes en Irak.

Formations des soldats irakiens sur le terrain

Pour les dirigeants de l’armée, il s’agit tout simplement du processus normal d’évolution de la mission. Dès le début, un petit groupe de conseillers militaires canadiens a été affecté à la formation des forces irakiennes. Au début, ils étaient assez loin des zones de combat, mais plus les semaines passent, plus ils se rapprochent du théâtre des opérations.

Il est donc logique selon les gradés, dans ces conditions, d’assister à des échanges de tirs, des échanges qui pourraient se multiplier alors que la coalition mène l’offensive avec les forces irakiennes dans le nord du pays pour récupérer Mossoul et les territoires environnants. De son côté, le ministre canadien de la Défense répète qu’il a toujours été entendu que les forces spéciales canadiennes formaient les soldats irakiens sur le terrain.

Débat d’urgence souhaité par l'opposition

Les deux principaux chefs d’opposition accusent le Premier ministre et le gouvernement d’avoir trompé les citoyens canadiens sur la nature de la mission. Ils considèrent que lorsque les députés ont accepté cet automne d’envoyer des troupes participer à la coalition, il n’était pas question de combats terrestres. Les néo-démocrates réclament donc un débat d’urgence à la Chambre des communes pour clarifier la nature de l’implication militaire en Irak.

Par ailleurs, le gouvernement refuse de dévoiler le coût financier exact de cette mission. Tout au plus, il peut fournir une évaluation des heures de vol que les militaires doivent effectuer. Une chose est sûre, il semble déjà presque sûr que les soldats canadiens ne reviendront pas chez eux en avril, et que leur participation va certainement se prolonger au-delà des six mois prévus.

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