Etats-Unis

Etats-Unis: le projet de régularisation des sans-papiers bloqué

Le blocage du projet de loi visant à régulariser des sans-papiers n’est pour l’instant que temporaire, c’est en tous cas une claque pour Obama.
Le blocage du projet de loi visant à régulariser des sans-papiers n’est pour l’instant que temporaire, c’est en tous cas une claque pour Obama. REUTERS/Mandel Ngan/Pool

Si le blocage n’est pour l’instant que temporaire, il n'en constitue pas moins un désaveu pour Barack Obama. Un juge du Texas a suspendu l’application du projet de réforme voulu par le président américain. Le décret vise à régulariser plusieurs millions de sans-papiers aux Etats-Unis. Les 26 Etats républicains à l’origine de la plainte, estiment que le chef de l’Etat a outrepassé ses pouvoirs constitutionnels.

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Ce nouveau blocage temporaire s’appuie non pas sur la légalité du décret mais sur un problème « rhétorique », affirme le juge Andrew Hanen. Les 26 Etats auteurs de la demande de suspension, conduits par le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott, n’ont toujours pas digéré que le président fasse usage de son pouvoir réglementaire, sans prendre l’avis des parlementaires.

La réforme vise à régulariser la situation de près de 5 millions d’étrangers sans papiers aux Etats-Unis, en leur accordant des permis de travail de trois ans. Son coût est jugé exorbitant pour les Etats fédéraux ce qui la rendrait inapplicable selon ses opposants. Le pouvoir exécutif serait passé en force sans respecter « les procédures administratives », dit le tribunal texan. Barack Obama aurait ainsi outrepassé ses pouvoirs constitutionnels. Voilà pour les arguments républicains.

Côté démocrate, on rappelle qu’Andrew Haden n’est pas n’importe quel juge. Nommé par Georges Bush en 2002, M. Haden n’en est pas à sa première estocade contre la Maison Blanche et un projet de loi qu’il accuse de « mettre en danger l’Amérique » et d’être « une invitation lancée au plus dangereux criminels », selon des propos rapportés par le New York Times.

Washington, 11 autres Etats et 33 grandes villes américaines soutiennent au contraire le projet de réforme, espérant bénéficier des taxes payées par les étrangers régularisés. Les républicains, qui ont promis d’utiliser tous les recours contre cette réforme phare de l’administration Obama, entendent à nouveau jouer la montre en attendant la campagne présidentielle de 2016 où la question de l’immigration devrait occuper une place centrale. La Maison Blanche devrait faire appel de cette décision.

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