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Chili

Le «Penta-gate» secoue le Chili

Pour la première fois dans l'histoire de la justice chilienne, une enquête criminelle sur le financement illégal des campagnes politiques impliquant de grands groupes économiques et des hommes politiques va avoir lieu.
Pour la première fois dans l'histoire de la justice chilienne, une enquête criminelle sur le financement illégal des campagnes politiques impliquant de grands groupes économiques et des hommes politiques va avoir lieu. Getty
Texte par : Laurie Fachaux
3 mn

Au Chili, le groupe financier Penta est pris dans une affaire de corruption avec fraude fiscale et possible financement illégal de campagne électorale. Le premier procureur du pays a décidé de se charger lui-même de l'enquête, une grande première dans l'histoire de la justice chilienne.

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De notre correspondante à Santiago du Chili,

L'affaire Penta, c'est avant tout une fraude au fisc d'au moins 800 000 euros, de l'argent qui aurait servi à financer illégalement les campagnes de plusieurs politiques d'un même parti : l'UDI, l'Union démocrate indépendante, le parti le plus à droite du Chili, fondé par des partisans de Pinochet à la fin de la dictature. Concrètement, le fisc chilien a ouvert une enquête l'an dernier, après s'être rendu compte qu'un fonctionnaire du centre des impôts de Santiago était payé par l'entreprise Penta pour modifier les sommes déclarées, pour que l'entreprise finalement paie moins d'impôts. Le directeur de ce centre d'impôts se trouve aujourd'hui en détention provisoire.

Après la première partie de l'enquête purement financière, vient ensuite la partie politique. La justice accuse le groupe financier Penta d'avoir versé cet argent non pas au fisc mais à des politiques, en émettant au moins une soixantaine de fausses factures. Des courriels ont filtré de l'enquête. Dans un échange entre un sénateur du parti de droite UDI, Ivan Moreira, et le groupe Penta, on peut y voir le politique demander de l'argent au comptable de Penta en ces termes : « Est-ce qu'il te reste un peu d'essence pour les derniers 1 000 mètres de la course ? » Suite à quoi, le groupe Penta verse de l'argent sur le compte du sénateur via deux fausses factures, l'une émise par le chauffeur du sénateur, et l'autre par la secrétaire du parti, pour un montant total de 20 000 dollars.

Inculpation pour fausses factures

Les conseillers en communication des politiques émettaient à leur nom des factures au groupe Penta. Mais pour l'instant, l'enquête est en cours et tous ces politiques se défendent de toute accusation de corruption, puisqu'au Chili, il est légal de recevoir de l'argent pour une campagne électorale sans en indiquer l'origine : c'est ce qu'on appelle les « fonds réservés ». Les dons d'entreprise sont également légaux au Chili.

Le fisc continue de rechercher dans son système les irrégularités. Pas plus tard que ce mardi, onze personnes ont été inculpées pour l'émission de huit fausses factures qui auraient servi à financer les campagnes de trois hommes politiques, un de centre-droit et les deux autres de l'UDI.

La semaine dernière, un nouveau juge a été nommé dans cette affaire, ce qui crée, là encore, polémique puisque ce magistrat n'est autre que le fils d'un sénateur de gauche du Parti socialiste. La droite chilienne se trouve aujourd'hui dans l'opposition. Le « Penta-gate » pourrait aussi s'étendre à l'émission d'éventuelles fausses factures par, cette fois-ci, des politiques de gauche, des factures ici destinées à un grand groupe minier chilien Soquimich. Là encore, les politiques, comme le sénateur socialiste Fulvio Rossi, rejettent en bloc tout financement illégal de leur campagne électorale.

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