Pérou

Crise politique au Pérou

Ollanta Humala, le président péruvien et Ana Jara, la Première ministre en juillet 2014.
Ollanta Humala, le président péruvien et Ana Jara, la Première ministre en juillet 2014. AFP PHOTO

Le Pérou n'a plus de gouvernement. Pour la première fois depuis 1968, le Parlement a voté la censure à l'encontre de la Première ministre Ana Jara, ce qui a entraîné la chute de l'ensemble du cabinet. Les députés ont jugé Ana Jara et son équipe responsables d’écoutes illégales réalisées par les services secrets depuis 2005. Il y a deux semaines, la presse avait publié une longue liste de Péruviens espionnés : députés, journalistes, hommes d’affaires et même citoyens ordinaires.

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La sanction est tombée dans la nuit, et elle est massive : 72 députés ont voté la motion de censure à l'encontre de la Première ministre péruvienne. 42 l’ont rejetée, 2 se sont abstenus. Ana Jara a donc été contrainte à la démission, obligeant le président Ollanta Humala à former un nouveau gouvernement, le septième depuis son arrivée au pouvoir en 2011.

A un an de la prochaine élection présidentielle, Ollanta Humala aurait bien évité cette nouvelle crise politique, la plus grave de son mandat. D’ailleurs, il a soutenu sa Première ministre jusqu’au bout, qualifiant la motion de censure d’injuste.

La sortie d’Ana Jara pourrait provoquer « une instabilité politique dans le pays », a-t-il prévenu. Le problème d’Ollanta Humala, qui se trouve au plus bas dans les sondages, c’est qu’il ne dispose pas de la majorité au Congrès. Et ce sont les parlementaires qui doivent confirmer le choix d’un nouveau Premier ministre. En cas d’échec, le président pourrait dissoudre le Parlement et convoquer de nouvelles élections législatives.

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