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Etats-Unis / Hillary Clinton

Candidate à la présidence, Hillary Clinton tire les leçons du passé

Dans la vidéo, Hillary Clinton apparaît simplement vêtue, devant une petite maison blanche typique, symbole de la fameuse classe moyenne tant convoitée (capture d'écran).
Dans la vidéo, Hillary Clinton apparaît simplement vêtue, devant une petite maison blanche typique, symbole de la fameuse classe moyenne tant convoitée (capture d'écran). Reuters/Clinton Campaign
6 mn

« Hillary for president ». Après de longs mois de (faux) suspens, l’ancienne première dame, sénatrice et secrétaire d'Etat américaine, a finalement officialisé, dimanche, sa candidature à la présidence des Etats-Unis. Elle l’a fait sobrement, avec un tweet et une vidéo sur son site internet. Tout le monde, à commencer par les médias, se pose désormais la question : Hillary Clinton peut-elle mieux faire qu’en 2008 lorsqu’elle a été battue aux primaires par Barack Obama ?

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Les journaux ont eu le temps de préparer leurs papiers et analyses, car l'annonce de la candidature est tout sauf une surprise. Les médias proches des démocrates expriment leur satisfaction. C'est le cas du Daily Beast qui encourage la candidate : « Go big Hillary » (vas-y fort). D’après ce site d’information, elle devrait s’investir « à fond » dans les questions sociales et la politique étrangère. Le Washington Post de son côté juge ce début de campagne raté. La vidéoa des accents populistes, écrit le journal conservateur, et le slogan « je veux être une championne » est on ne peut plus banal.

Pour le New York Times, Hillary Clinton a une vraie chance de devenir la première femme présidente des Etats-Unis. Mais elle doit encore expliquer pourquoi elle veut le « job » et pourquoi elle est mieux qualifiée que d’autres pour l’assumer, conclut le quotidien de New York. En tout cas, selon Politico, la candidate est bien entourée. Mais contrairement à ce que certains pensent, ce n'est pas son mari Bill qui la conseille le mieux, mais sa fille Chelsea, qualifiée de « main invisible » par le site d'information.

Une nouvelle Hillary ?

C'est la deuxième fois qu'Hillary Clinton brigue la présidence. En 2008, elle a été battue par Barack Obama. Et elle semble avoir tiré les leçons de son échec. D'abord, une leçon d'humilité. Contrairement à 2008, sa première vidéo de campagne se veut modeste. Une vidéo longue de plus de deux minutes et qui met en scène des témoignages d’Américains issus de la classe moyenne. C'est l'électorat cible d'Hillary Clinton, qui n'apparait elle-même qu'à la fin du clip pour dire qu'elle sera candidate à la présidence. Elle a choisi un décor simple. Son message principal – « je veux être une championne », elle le dit devant une petite maison blanche typique, symbole de la fameuse classe moyenne tant convoitée.

L'ancienne secrétaire d'Etat aurait pu se mettre en scène comme diplomate chevronnée qui fréquente les grands de ce monde. Mais non, elle se présente comme une gestionnaire qui promet aux Américains de les aider à trouver leur chemin/bonheur dans une société qui se transforme à une vitesse hallucinante. La vidéo mise en ligne dimanche a déjà été visionnée plus de 2 millions de fois. On peut donc parler d'un premier succès en marketing politique !

Une autre leçon tirée de l'échec de 2008, c'est d'avoir constitué une nouvelle équipe de campagne, dirigée par le jeune stratège Robby Mook. Son principal défi est d'unir la famille Clinton derrière Hillary. En 2008, la première chef de sa campagne a jeté l'éponge, exaspérée par les rivalités entre les proches de la candidate. Le deuxième défi est encore plus difficile : présenter l'ancienne première dame qui fait partie depuis plus de trente ans de la vie politique américaine, comme une candidate de l'avenir.

Les républicains cherchent la parade

Pour l'instant, Hillary Clinton est la seule candidate de son parti. Face à elle, plusieurs prétendants républicains. Quelle sera leur parade ? Les réactions qui ont suivi l'annonce d'hier donnent un avant-goût de ce que les conservateurs pourraient lui réserver. Prenons le sénateur Ted Cruz. Tout en martelant « We are ready for Hillary » (« nous sommes prêt pour Hillary »), ce proche du Tea Party s'en prend au bilan laissé par sa rivale aux affaires étrangères. « Le monde est-il plus sûr parce qu'Hillary Clinton a été secrétaire d'Etat ? La réponse est évidente : Non ! »

D'une manière générale, les conservateurs se rangeront dans un slogan du genre « stop Hillary ». Ils vont lui reprocher la politique de son mari Bill Clinton. En tant qu'ancien membre du gouvernement actuel, elle devrait aussi assumer les erreurs du président Obama. Mais la parade la plus efficace pourrait être, selon certains observateurs, de lui opposer un visage jeune, celui du sénateur Marco Rubio par exemple, qui a annoncé ce lundi sa candidature. L'ancien gouverneur Jeb Bush, lui aussi pressenti comme candidat, choisit un autre angle d'attaque, celui de faire passer Hillary Clinton comme un membre de l'establishment : « Elle a cette mentalité typique des gens de Washington que beaucoup d'Américains ne supportent plus », a-t-il déclaré.

Première étape la campagne : Iowa

Aussitôt annoncée sa candidature, Hillary Clinton est partie en campagne dans l'Iowa. Cet Etat fait partie des fameux « swings states », c'est-à-dire des Etats qui votent tantôt démocrate, tantôt républicain. Mais l'Iowa est aussi important pour les primaires, car elles débutent traditionnellement dans cet Etat. En 2008, Hillary Clinton avait perdu les primaires dans l'Iowa, une défaite qui été décisive pour la suite. Donc cette fois-ci elle ne veut pas refaire la même erreur. Selon un récent sondage, elle serait dépassée dans cet Etat par le candidat républicain Rand Paul.

En tout cas, pour son premier jour de campagne, l'ancienne sénatrice se veut modeste : aux grand-messes électorales, elle privilégie les rencontres simples avec les électeurs. Et elle le fait savoir. « Le van chargé est en route pour Iowa », a-t-elle tweeté. « Va-t-elle aussi prendre le volant ? », se demande malicieusement le Miami Herald. Ce n'est pas sûr, poursuit le journal, car cela fait presque vingt ans qu’elle n’a pas conduit une voiture.

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