Colombie

Santos aux FARC de Colombie: «Notre patience est à bout!»

Le président colombien Juan Manuel Santos, le 17 avril 2015 à Bogota.
Le président colombien Juan Manuel Santos, le 17 avril 2015 à Bogota. REUTERS/Jose Miguel Gomez

Après l'attaque de la guérilla des FARC, il y a deux jours - une embuscade qui a coûté la vie à 11 soldats en plein processus de paix -, les Etats-Unis ont condamné cette violation du cessez-le-feu et ont adressé un message de soutien à Bogota, où le président Juan Manuel Santos appelle les guérilleros à la responsabilité, alors que le pays perd patience.

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Juan Manuel Santos est dans une situation délicate. L'attaque des FARC contre une patrouille de l'armée colombienne a affaibli sa crédibilité auprès des Colombiens, dont une partie doute toujours de la faisabilité d'un accord de paix avec la guérilla. L'opposition politique, menée par l'ancien chef d'Etat Alvaro Uribe, a d'ailleurs immédiatement réclamé une pause dans les pourparlers pour « réorganiser ce processus ».

Juan Manuel Santos, réélu de justesse en juin dernier, s'est donc encore une fois engagé dans un difficile numéro d'équilibriste : pour rassurer son opinion publique, il doit faire preuve d'une extrême fermeté vis-à-vis de la guérilla, tout en la maintenant à la table des négociations. Ce vendredi soir, il s'est adressé à la nation et aux guérilleros, lors d'une allocution télévisée. « Messieurs les FARC, écoutez la clameur nationale !, a-t-il lancé. Ne faites pas les sourds devant l'appel des Colombiens qui crient : " Il est temps de mettre fin à la guerre. " »

Juan Manuel Santos a un objectif : devenir le président qui a mis fin au plus vieux conflit armé d'Amérique latine. C'est pour cette raison qu’après l’attaque des FARC, le chef de l'Etat n'a pas suspendu les pourparlers de paix mais a annoncé, au contraire, leur accélération. « Notre patience est à bout ! Il faut une date butoir à ce processus. Et si vous voulez la paix, il faut le prouver par des faits et non par des paroles », lance-t-il néanmoins au FARC, comme un ultimatum.

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