Etats-Unis

Baltimore: la police a rendu les conclusions de son enquête interne

Que s'est-il passé lors du transport de Freddie Gray après son arrestation par la police, le 12 avril dernier?
Que s'est-il passé lors du transport de Freddie Gray après son arrestation par la police, le 12 avril dernier? REUTERS/Eric Thayer

La police de Baltimore a remis jeudi, avec un jour d'avance, les premières conclusions de son enquête interne, concernant la mort de Freddie Gray après son arrestation le 12 avril dernier. Le jeune homme de 25 ans ne s’est pas réveillé après une semaine de coma. Il avait les vertèbres cervicales sectionnées et la trachée-artère écrasée. Sa mort a provoqué des manifestations et des émeutes contre les violences policières. L'état d'urgence est en vigueur depuis mardi soir.

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Avec notre correspondante à Washington,  Anne-Marie Capomaccio

La question que se posent les trois services qui enquêtent sur la mort de Freddy Gray est la même : comment a-t-il reçu les blessures qui ont entraîné sa mort ? Le jeune homme a-t-il eu la colonne vertébrale sectionnée lors de sa violente arrestation, filmée par des passants, ou dans le fourgon qui l'a ensuite transporté. Le chef de la police reconnaissait la semaine dernière que Freddie Gray, menotté dans le dos ne portait pas de ceinture de sécurité, et que ses hommes ont tardé à appeler l'ambulance.

Le porte-parole avouait jeudi une autre entorse aux procédures : les six officiers suspendus dans cette affaire n'ont pas dit toute la vérité sur le transport du prisonnier. « Le deuxième arrêt du fourgon a été découvert au cours de notre enquête, a-t-il expliqué. Nous ne le savions pas auparavant. Ce nouvel arrêt a été dévoilé par la caméra d'une personne privée. »

Que s'est-il passé dans ce fourgon ? La police fait tout pour accréditer la thèse du décès par négligence ou par accident. Elle fait tout pour ne pas donner d'arguments aux manifestants contre les violences policières.

Mais ces informations données au compte-gouttes par les autorités ne satisfont pas les avocats de la famille Gray, qui rejettent les premières conclusions de l'enquête interne. Comment le prisonnier a-t-il pu se briser le cou seul dans le fourgon de police, sans que les officiers interviennent ? Il faut, disent-ils, reconnaître l'homicide volontaire.


■ Le couvre-feu fait souffrir le commerce

L’association des commerçants du centre ville de Baltimore a envoyé une lettre à la mairie pour demander une suspension du couvre-feu. Car aux dégâts dus aux émeutes et aux pillages, aux manifestations quotidiennes devant le poste de police et la mairie qui perturbent l’activité, à tous ces tracas s’ajoute désormais une crise économique liée à l’état d’urgence.

Baltimore est une métropole de 600 000 habitants, une ville touristique de la côte est des Etats-Unis. Les industries, les commerces ne peuvent se permettre de cesser toute activité de 22h à 5h, explique cette lettre, et c’est pourtant la règle. Les bars et restaurants doivent fermer, les congrès sont annulés, les manifestations sportives aussi, et lorsqu’elles ont lieu c’est à huis clos.

L’association des commerçants affirme dans sa missive que certains d’entre eux ne pourront pas payer leur loyer à la fin du mois et qu’ils ont mis au chômage des dizaines d’employés. Le bilan économique, disent-ils, sera catastrophique. Mais pour l’instant, la mairie ne souhaite pas revenir sur sa décision. Baltimore reste sous couvre-feu, la ville doit s’éteindre à 22h, alors que la mobilisation ne faiblit pas. De nouveaux rassemblements sont prévus ce week-end.

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