Colombie

Colombie: les FARC suspendent la trêve

Des soldats colombiens récupèrent les corps de leurs camarades après une attaque dans le village de La Esperanza, le 15 avril 2015.
Des soldats colombiens récupèrent les corps de leurs camarades après une attaque dans le village de La Esperanza, le 15 avril 2015. REUTERS/Jaime Saldarriaga

En Colombie, les FARC ont déclaré vendredi 22 mai suspendre leur trêve mise en place depuis décembre dernier pour faciliter des pourparlers de paix en cours avec le pouvoir. Une décision qui fait suite à un raid aérien de l’armée qui a tué une trentaine de personnes dans un fief de la guérilla.

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Le cessez-le-feu avait été mis en place unilatéralement par les Forces armées révolutionnaires de Colombie. Ce sont donc les FARC qui tout aussi unilatéralement ont décidé de le suspendre. L’annonce officielle a été faite par la délégation de la rébellion qui participe aux pourparlers de paix à Cuba.

La suspension de la trêve décrétée par les FARC est un nouveau recul, analyse notre correspondante à Bogota, Zoe Beri. Au début de cette année, le pouvoir assurait qu’un accord était proche : la guérilla avait cessé ses attaques, en contrepartie, les frappes aériennes de l’armée avaient été suspendues.

Mais depuis quelques semaines la tension montait, relate encore notre correspondante. Le mois dernier, le gouvernement était revenu sur sa décision de suspendre les bombardements après la mort de dix soldats, dans une attaque-surprise de la guérilla. Jeudi 21 mai, c'est donc un nouveau raid aérien de l’armée colombienne qui a tué au moins 26 guérilléros dans le bien nommé département de Cauca. C'est en effet l’une des principales régions du trafic de drogue et c'est aussi l’un des fiefs de la guérilla. Depuis le début des pourparlers en novembre 2012, jamais la guérilla n’avait été aussi durement touchée.

Les deux camps sont prêts à reprendre les combats

Cette attaque survient un peu plus d’un mois après la fin du moratoire sur les bombardements militaires décrété par le président Juan Manuel Santos au plus bas dans les sondages et alors que sa politique de paix s’enlise dans d’épuisantes et très longues négociations.

« Nous déplorons l’attaque menée aux premières heures jeudi par l’aviation, l’armée de terre et la police. […] Il est dans ces conditions impossible de maintenir la trêve devant l’incohérence du gouvernement », ont fait savoir les FARC sur les réseaux sociaux. La rébellion colombienne compte près de 8 000 hommes en armes.

Le président Juan Manuel Santos a qualifié cette attaque de légitime, avant d’insister sur la nécessité d’accélérer le processus de paix. En deux ans et demi de discussions, des accords partiels ont été obtenus, mais depuis quelques semaines aucune annonce concrète n’est parvenue de La Havane où se trouvent les négociateurs.

Dans leurs derniers discours, FARC et gouvernement disaient vouloir mettre fin au bain de sang. Mais sur le terrain, les combats pourraient se multiplier. « Nous sommes prêts », a assuré le président Santos quelques heures après l’annonce de la guérilla. La trêve est donc suspendue, mais pour l’instant les négociations initiées depuis 2012 avec les autorités colombiennes à Cuba se poursuivent.

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