Etats-Unis

Grandes oreilles: la NSA suspend la collecte des données téléphoniques

La NSA ne peut plus, jusqu'à nouvel ordre, stocker les millions de métadonnées relatives aux appels téléphoniques. Plusieurs téléphones non sécurisés de John Kerry auraient été écoutés.
La NSA ne peut plus, jusqu'à nouvel ordre, stocker les millions de métadonnées relatives aux appels téléphoniques. Plusieurs téléphones non sécurisés de John Kerry auraient été écoutés. REUTERS/Lucas Jackson

La collecte des données téléphoniques par la NSA, l'un des volets du Patriot Act, est suspendue. Les sénateurs américains n’ont pas réussi la nuit dernière à se mettre d’accord sur le vote en urgence d’un texte de loi bloqué depuis des semaines. L’opposant le plus farouche à la collecte, le sénateur libertarien Rand Paul, candidat à la présidentielle 2016, était à la manœuvre.

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avec notre correspondante à Washington,  Anne-Marie Capomaccio

Depuis 4 h temps universel, la NSA (National Security Agency) a cessé de collecter les données téléphoniques. Une suspension qui devrait durer quelques jours, mais qui fait grand bruit.

On se souvient du scandale provoqué par les révélations d’Edward Snowden sur ce système d’écoutes à grande échelle, et de la réforme proposée par Barack Obama, qui stipulait que les compagnies téléphoniques seraient désormais dépositaires des données et que les services de renseignement devraient obtenir l'autorisation d'un tribunal pour y accéder.

Rand Paul à la manœuvre au nom de la liberté individuelle

Ce texte, le USA Freedom Act, a bien été voté par la Chambre des représentants, mais au Sénat, des divisions profondes entre différentes factions républicaines ont fait capoter le vote. Des semaines de débat se sont écoulées, pendant lesquelles chaque tendance a tenté d’effrayer l’autre.

Les factions jouent sur le même registre, celui de la peur ; la peur d’un Etat fédéral tout puissant qui viole les libertés individuelles ; la peur d'une attaque terroriste si la NSA cesse de récolter les données.

Le sénateur libertarien du Kentucky Rand Paul a réussi son opération. Il est farouchement opposé à toute ingérence du gouvernement dans la vie privée des Américains. Or il fallait l’unanimité pour voter la réforme en urgence et il s’y est opposé. Cette suspension est un échec pour le leader de la majorité républicaine au Sénat, même si le texte devrait être adopté en début de semaine.

► à (ré)écouter sur notre siteSteven Ekovich, professeur à l'université américaine de Paris, invité de la mi-journée

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