Argentine

Argentine: raz-de-marée humain contre les féminicides

Depuis 2010, l'Argentine a connu 250 féminicides par an. Ici la manifestation du 3 juin 2015 à Buenos Aires.
Depuis 2010, l'Argentine a connu 250 féminicides par an. Ici la manifestation du 3 juin 2015 à Buenos Aires. REUTERS/Marcos Brindicci
Texte par : RFI Suivre
2 mn

En Argentine, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans la capitale Buenos Aires et dans une centaine d’autres villes du pays pour protester contre les violences faites aux femmes. L’appel à cette manifestation avait été lancé il y a quelques semaines sur les réseaux sociaux après la mort d’une jeune fille aux mains de son petit ami. Malgré l’existence d’une loi censée lutter contre ce genre de crimes, ils restent nombreux dans le pays.

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Avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

Comme d’habitude, les militants ont fait entendre leurs tambours. Les autres, venus individuellement, ont marché en silence. Tous unis sous la consigne « Ni Una Menos » (« Pas une de moins ») pour réclamer que la loi contre les violences faites aux femmes soit appliquée réellement.

Dans la foule, Rocío, une enseignante, était là avec des amies. « Je crois qu’il faut un changement au niveau des mentalités progressivement pour un avenir meilleur pour toutes les femmes. » Selon les associations, une femme meurt toutes les 30 heures en Argentine victime de la violence d’un homme, généralement son compagnon ou ancien compagnon.

Dans la manifestation, il y avait autant d’hommes que de femmes. Parmi eux, l’avocat Leandro Despouy, auditeur général de la nation : « La pire des choses qui peut nous arriver c’est d’imaginer que les phénomènes qui sont déjà graves n’existent pas, de nier, souligne-t-il. Là c’est une prise de conscience. On ne peut pas savoir si demain on aura un résultat immédiat. Mais c’est quelque chose qu’il faut prendre en charge et c’est ce que nous sommes en train de faire. »

L’Argentine a connu beaucoup de grandes manifestations sans lendemain. Mais ce mercredi soir quelque chose pourrait avoir changé.

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