Etats-Unis

«L’Hermione», invitée de marque du 4-Juillet à New York

«L'Hermione» dans le port de New York, le 1er juillet 2015.
«L'Hermione» dans le port de New York, le 1er juillet 2015. AFP PHOTO / TIMOTHY A. CLARY

Près de deux cents ans après son illustre ancêtre, L'Hermione, réplique de la frégate de La Fayette, a rejoint le port de New York. L'escale, qui marque la moitié du parcours américain, était très attendue par l'équipage qui rêvait de voir la « Grosse pomme ». Dans la jungle urbaine du sud de Manhattan, le navire est un petit îlot français. Mais pour une fois, l'équipage ne rêve que d'une chose : mettre pied à terre, découvrir les larges avenues et fêter comme il se doit le 4-Juillet, jour de la fête nationale aux Etats-Unis.

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Avec notre correspondante à New York, Marie Bourreau

Les mains sont calleuses, brûlées et durcies par les cordages qu'il a fallu tirer de toutes ses forces aux cris des « ho, hisse » entre Philadelphie et New York où la navigation s'est faite entièrement à la voile. Mais les sourires, inébranlables, sont sur tous les visages même si l'arrivée historique dans la baie de New York a échappé à certains des gabiers.

Des visiteurs émerveillés

« J'ai vécu l'arrivée à New York au fond, dans les cuisines... J'ai quand même réussi à sortir pour voir la Statue de la Liberté, c'était pas mal », confie l'un d'eux.

Nicolas, aux faux airs de Corto Maltese, a vécu toutes les escales, de l'arrivée triomphale à Yorktown jusqu'à New York. Mais ici, dans la « Grosse pomme », l'aventure américaine a une saveur toute particulière : « Le fait d'arriver à New York et de rencontrer les New-yorkais, il y a quelque chose de différent, on le sent. Il y a un accueil qui est plus ouvert et on a un peu l'impression d'être à la maison ! Il y a une reconnaissance du français dans sa globalité. Ils ne sont pas tant sur La Fayette mais plus sur le fait qu'on soit venu avec ce bateau jusqu'ici. »

Depuis plusieurs jours, les marins de «L'Hermione» font le spectacle dans le port de New York.
Depuis plusieurs jours, les marins de «L'Hermione» font le spectacle dans le port de New York. AFP PHOTO / TIMOTHY A. CLARY

Viannay espérait depuis tout-petit voir New York. Son rêve a aujourd'hui changé de dimension : « Dans les autres villes, on pouvait essayer de se repérer avec les mâts quand on allait faire un tour. Ici, c'est complètement impossible. »

Mais les marins l'ont promis, ils sauront retrouver le chemin de L'Hermione pour la grande parade nautique qui marque la fête de l'Indépendance américaine.


 ■ L'Hermione, une frégate mythique

Nous sommes le 21 mars 1780. La guerre d'Indépendance fait rage aux Etats-Unis. Et de l'autre côté de l'Atlantique, en France, Gilbert du Motier, plus connu sous le nom de Marquis de La Fayette, embarque à bord de L'Hermione, à seulement 23 ans.

Trente-huit jours plus tard, la frégate, longue de 65 mètres, arrive à Boston. La Fayette rejoint le futur premier président des Etats-Unis, George Washington, alors général, et lui annonce l'arrivée imminente des renforts français.

Dans les mois qui suivent, L'Hermione, armée de ses 34 canons, livre plusieurs batailles contre les navires britanniques, dont celle, cruciale, de la baie de Chesapeake en septembre 1781, l'une des rares défaites de la Royal Navy.

Un an plus tard, la cathédrale des mers quitte finalement les eaux américaines pour revenir en France. Mais en 1793, L'Hermione heurte des rochers au large de Croisic. L'équipage est évacué. Celle que l'on surnomme la « frégate de la liberté » sombre en mer, 14 ans seulement après sa construction.

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