Revue de presse des Amériques

A la Une: les FARC annoncent un cessez-le-feu unilatéral à compter du 20 juillet

Les FARC ont annoncé ce mercredi 8 juillet 2015 un cessez-le-feu unilateral d'un mois à compter du 20 juillet.
Les FARC ont annoncé ce mercredi 8 juillet 2015 un cessez-le-feu unilateral d'un mois à compter du 20 juillet. AFP PHOTO/ FARC-EP

Publicité

La guérilla des FARC annonce un cessez-le-feu unilatéral à compter du 20 juillet. Une réponse aux pays garants du processus de paix qui ont appelé les deux parties à une désescalade urgente du conflit. Selon El Tiempo, les FARC ont annoncé un cessez-le-feu unilatéral d’un mois à compter du 20 juillet. Dans leur communiqué, les FARC disent être venues à La Havane pour trouver un accord de paix et mettre fin à la guerre qui dure depuis plus d’un demi-siècle. La guérilla dit ainsi vouloir répondre à l’appel des pays garants du processus de paix et attendre la concrétisation d’un cessez-le-feu bilatéral et définitif.

Cuba et la Norvège ont déclaré hier pour la deuxième fois depuis le 22 mai, lorsque les FARC avaient suspendu leur cessez-le-feu unilatéral, que l’arrêt des combats en Colombie était une condition essentielle pour que le processus de paix continue à avancer entre le gouvernement et la guérilla des FARC, indique El Universal. « Nous exhortons les parties à limiter au maximum les actions de tout type qui font des victimes et provoquent des souffrances en Colombie », ont-ils déclaré. Le journal rappelle que les discussions de paix de La Havane traversent un des pires moments à cause de la recrudescence des hostilités au cours des dernières semaines.

Les attaques des FARC n’avaient pas cessé

Hier encore, des guérilléros du Front 32 du bloc sud des FARC ont attaqué une patrouille militaire pour tenter de bloquer une cargaison de brut et la répandre sur la route. Un militaire a été tué, deux autres blessés, et un est porté disparu, peut-être enlevé par les FARC, selon Semana. Le président colombien Juan Manuel Santos a proposé d’accélérer la négociation d’un cessez-le-feu bilatéral, sérieux et vérifiable, pour répondre aux préoccupations des pays garants du processus de paix et recréer un climat de confiance, rapporte El Espectador. Car selon un sondage publié hier, 75 % des Colombiens ne croient pas à un accord de paix avec les FARC, rapporte El Tiempo. Pour Laura Gil qui coordonne le mouvement des victimes, « il n’y aura pas de meilleur moment que celui-ci pour une paix négociée, ni de gouvernement plus disposé que celui de Santos à dialoguer ».

Dans une tribune publiée dans El Tiempo, elle estime que « chacun a fait des efforts », mais que maintenant, « pour le meilleur ou pour le pire, le futur est entre les mains des FARC ». Le gouvernement « ne peut plus faire grand-chose pour sauver le processus de paix », écrit-elle, en concluant : « moi je demande aux FARC des gestes maintenant », signant avec le hashtag #FARCGestosYa.

 
Au Guatemala, l’ancien dictateur condamné pour génocide a été déclaré en incapacité mentale

Efrain Rios Montt, 89 ans, qui a gouverné le Guatemala d’une main de fer de 1982 à 1983 avait été jugé et condamné le 10 mai  2013 à 80 ans de prison pour génocide  et crimes contre l’humanité pour avoir ordonné le massacre de plus de 1700 Maya Ixil, rappelle Siglo 21. Mais la Cour Constitutionnelle avait annulé la condamnation pour erreur de procédure et avait ordonné un nouveau jugement. Celui-ci devait s’ouvrir le 23 juillet, indique Prensa Libre.

Selon le rapport psychiatrique de l’Institut médico-légal, le général à la retraite « n’est pas en possession de toutes ses capacités mentales pour assister à des audiences judiciaires », rapporte Siglo 21. La démence sénile, c’est ce que craignaient les militants des droits de l’Homme, souligne El Periódico, mais selon les avocats des parties civiles, c’est à la juge du tribunal B de risque majeur, où Rios Montt doit être rejugé, que reviendra le dernier mot.

Le Guatemala où les élections approchent sur fond de corruption et d’impunité

Malgré les manifestations inhabituelles au Guatemala contre la corruption au plus haut niveau de l’État, la situation est loin d’être réglée. Plusieurs candidats à l’élection générale du 6 septembre prochain ont pu s’inscrire, malgré le fait qu’ils soient suspectés de corruption, trafic d’influence, abus d’autorité, enrichissement illicite, ou malversations de fonds publics, signale Prensa Libre. Pour le président d’Action citoyenne Manfredo Marroquín, si leur inscription est validée, l’opinion publique va douter encore plus des résultats, et le taux d’abstention et le vote nul risquent de s’envoler.

Plusieurs organisations ont lancé des procédures pour empêcher l’inscription des candidats douteux, en vertu de l’article 113 de la Constitution. Il est donc encore temps. Parallèlement, une plainte a été déposée contre l’ancienne vice-présidente Roxana Baldetti pour blanchiment d’argent, écrit El Periódico. Elle avait démissionné après l’implication de son bras droit dans des affaires de détournement de fonds et de blanchiment d’argent. Cette fois, la justice s’intéresse à la provenance des fonds ayant permis l’acquisition de ses biens immobiliers.

Le Honduras, pays voisin, est lui aussi englué dans des affaires de corruption au plus haut niveau de l’État

Une mission d’exploration de l’ONU est arrivée à Tegucigalpa pour tenter une médiation entre le gouvernement et les mouvements d’opposition dans ce pays très polarisé, explique La Prensa. Les représentants de l’ONU ont pris connaissance de la proposition de dialogue national faite par le président Juan Orlando Hernández, après les manifestations qui se sont succédé ces dernières semaines. Le président lui-même avait reconnu que des fonds de la sécurité sociale avaient été détournés pour sa campagne présidentielle. L’opposition et en particulier le mouvement des « indignés » demande à l’ONU d’instaurer le même système qu’au Guatemala, une commission internationale indépendante pour enquêter sur les cas de corruption et lutter contre l’impunité dans le pays. 

Aux États-Unis, l’armée prévoit de supprimer 40 000 hommes d’ici deux ans

C’est ce que révèle le journal USA Today : cette réduction pour raisons budgétaires devrait avoir des conséquences sur des postes aux États-Unis, mais aussi à l’étranger. Cette baisse potentielle des effectifs qui devrait être annoncée jeudi intervient alors que Barack Obama réfléchit à sa stratégie contre l’organisation État islamique en Irak et en Syrie, précise le journal. Les effectifs passeraient donc d’un maximum de 570 000 hommes lors des guerres en Irak et en Afghanistan, à leur plus bas niveau, 450 000 hommes d’ici au 30 septembre 2018. Pour le sénateur républicain Dan Sullivan, la réduction des effectifs par exemple du contingent de l’Alaska n’a aucun sens. « Une personne va être très contente », a-t-il déclaré, « c’est Vladimir Poutine ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail