Colombie

Le gouvernement colombien s’engage à une «désescalade» face aux FARC

Des soldats colombiens se préparent à une offensive contre les FARC dans une base du Choco.
Des soldats colombiens se préparent à une offensive contre les FARC dans une base du Choco. AFP PHOTO/LUIS ROBAYO
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le gouvernement colombien s’est engagé dimanche à « un processus de désescalade des actions militaires » face à la rébellion armée des FARC. Un accord entre les deux parties prévoit une accélération du processus de paix en cours à La Havane depuis deux ans et demi, avec pour objectif de parvenir à un cessez-le-feu bilatéral.

Publicité

Avec notre correspondante à Bogota,  Zoe Beri

Pour l’instant, il ne s’agit pas d’un cessez-le-feu bilatéral. Ni même de la promesse d’une suspension des opérations militaires menées par les forces armées colombiennes, comme le souhaite la guérilla. Les autorités colombiennes se disent simplement prêtes à prendre des mesures pour « minorer les effets du conflit », sans plus de précisions pour l’instant. A La Havane, où les pourparlers de paix ont démarré fin 2012, gouvernement colombien et FARC ont « décidé de faire tous les efforts nécessaires pour parvenir sans tarder à la signature d'un accord final » et de travailler à établir « sans délai les termes du cessez-le-feu bilatéral et définitif », lit-on dans un communiqué commun aux deux parties.

Quant au gouvernement colombien, il « entamera un processus de désescalade des actions militaires, en réponse à la suspension des actions offensives des FARC », ont déclaré les diplomates norvégiens et cubains qui participent aux pourparlers de La Havane.

Une annonce qui fait suite à celle des FARC, vendredi 10 juillet. La guérilla avait promis alors un nouveau cessez-le-feu unilatéral de 30 jours à compter du 20 juillet. Dimanche soir, le président colombien Juan Manuel Santos a longuement défendu les discussions, tout en précisant qu’il n’écartait pas d’y mettre fin si aucune avancée ne se produisait avant quatre mois. « Nous serons vigilants sur ce qui a été conclu [dimanche], et dans quatre mois à partir de maintenant, en fonction du respect de l'accord par les FARC, je prendrai la décision de dire si nous continuons le processus ou non », a déclaré Juan Manuel Santos.

Les Colombiens dubitatifs

Le temps presse. Selon des sondages récents, 75 % des Colombiens doutent que les négociations - qui durent maintenant depuis deux ans et demi - aboutissent. Début juillet, le dynamitage d’un oléoduc par la guérilla avait soulevé l’indignation : 13 000 barils de brut s'étaient déversés dans des mangroves de la côte Pacifique. Les embuscades s’étaient multipliées et le chef de la délégation du gouvernement à La Havane avait déclaré que les pourparlers passaient par leur « pire moment ». Gouvernement et guérilla veulent donc convaincre leurs compatriotes qu’ils peuvent sortir de l’impasse.

Ces derniers mois, les deux parties ont avancé sur plusieurs points dans les négociations en cours à La Havance. En mai, un accord a été trouvé pour entamer le déminage du pays. Et en juin, les protagonistes se sont accordés sur la mise en place future d’une « Commission vérité » avec pour objectif de faire la lumière sur un demi-siècle de conflit interne au cours duquel plus de 200 000 personnes ont été tuées, 45 000 au moins ont disparu et près de 10 % de la population (6 millions de personnes) a été déplacée par la violence.

Humberto de la Calle (g.), représentant du gouvernement colombien, et Ivan Marquez (d.), représentant des FARC, dimanche 12 juillet à La Havane, à Cuba.
Humberto de la Calle (g.), représentant du gouvernement colombien, et Ivan Marquez (d.), représentant des FARC, dimanche 12 juillet à La Havane, à Cuba. REUTERS/Enrique de la Osa

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail