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A la Une: l’accord nucléaire avec l’Iran

Le président des Etats-Unis, Barack Obama, s'est félicité de l'accord signé à Vienne sur le dossier du nucléaire iranien.
Le président des Etats-Unis, Barack Obama, s'est félicité de l'accord signé à Vienne sur le dossier du nucléaire iranien. REUTERS/Andrew Harnik/Pool

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Un adjectif qui revient souvent pour qualifier cet accord : « historique ». C’est ce qu’on peut lire en manchette du journal argentin La Nacion ou encore sur le site du Washington Post. L’accord mettra « un terme à des décennies de sanctions économiques contre l’Iran en échange d’une forte restriction de son programme nucléaire », écrit le journal. Il ouvre un « nouveau chapitre dans les relations entre les Etats-Unis et l’Iran », renchérit le quotidien brésilien O Estadao, avant de conclure : « on se souvient que pour l’ancien président George W Bush l’Iran faisait partie de l’axe du mal. Cette définition n’est plus valide. A partir d’aujourd’hui, l’Iran a cessé d’être un Etat paria ». Le New York Times, de son côté, compare l’accord trouvé ce matin à Vienne avec le rapprochement entre les Etats-Unis et la Chine sous le président Nixon.

Les dernières heures de négociations à Vienne

Selon le Washington Post, qui cite des sources diplomatiques, le texte rassemble une centaine de pages, y compris 5 chapitres annexes. Les discussions se sont prolongées en partie parce qu’il fallait s’assurer que le document soit identique en anglais et en persan afin de « minimiser de futurs malentendus », souligne le Washington Post. Mais à en croire le quotidien, d’autres points d’achoppement devaient encore être réglés avant l’annonce d’un accord. Il fallait s’entendre sur un calendrier de levée des sanctions et sur le contrôle de l’activité nucléaire iranienne par des inspecteurs internationaux.

En attendant le feu vert du Congrès

D’après le site d’information Politico, le Congrès ne se prononcera pas avant la mi-septembre. Les parlementaires ont 60 jours pour se pencher sur le texte. Le compte à rebours commence seulement lorsque tous les documents nécessaires à l’évaluation du compromis seront transmis aux députes et sénateurs, ce qui peut prendre « plusieurs jours », selon Politico. Le site d’information rappelle qu’une majorité de républicains et leurs 15 candidats à la présidence rejettent cet accord.

C’est seulement si le Congrès entérine les termes du compromis conclu à Vienne que le président américain pourra se vanter d’un succès diplomatique, ajoute Politico. Le site d’information rappelle que Barack Obama a fait de cet accord un des pivots de sa politique étrangère. Dès sa première campagne présidentielle de 2008, il s’était prononcé pour un rapprochement avec la république islamique.

Quelles conséquences géopolitiques ?

Le New York Times estime qu’il est encore trop tôt pour évaluer l’impact à long terme. Est-ce que les négociations avec l’Iran vont se révéler payantes pour les Etats-Unis ? « La réponse à cette question, on la connaîtra seulement dans quelques années, lorsqu’Obama aura quitté ses fonctions depuis longtemps. Mais il y a de fortes chances que le jugement soit alors mitigé. Car l’accord n’empêchera pas vraiment l’Iran de devenir, s’il le souhaite, une puissance nucléaire. Il retarde tout juste ce moment », estime le New York Times.

Voilà le principal défaut de cet accord, selon Henry Kissinger, l’architecte du rapprochement avec la China : « Il ne changera pas l’attitude hostile de l’Iran à l’égard de l’Occident », estime l’ancien secrétaire d’Etat américain, cité par le New York Times. Et un diplomate américain de souligner : « Personne à la Maison-Blanche ne s’attend à ce que le gouvernement iranien, après avoir fait des concessions nucléaires pour renflouer les caisses de l’Etat et exporter son pétrole, veuille établir des relations étroites avec les Etats-Unis ». Un des négociateurs américains confie au New York Times : « Ce n’est pas Cuba. Vous n’allez pas assister à l’ouverture d’ambassades dans un futur proche ».

 

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