Bolivie

Bolivie: Potosi paralysée par la grève depuis deux semaines

Les manifestants maintiennent le blocage de la ville de Potosi (ici le 15 juillet), depuis le début du mois de juillet.
Les manifestants maintiennent le blocage de la ville de Potosi (ici le 15 juillet), depuis le début du mois de juillet. AFP PHOTO/ESTEBAN CRUZ
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le conflit qui oppose la région de Potosi au gouvernement central bolivien dure maintenant depuis 16 jours. Les grévistes réclament une série de mesures pour développer leur région, la plus pauvre du pays malgré d'énormes ressources de matières premières exploitées depuis près de cinq siècles. Le gouvernement les accuse d’être à la solde de la droite et des « néolibéraux ».

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Avec notre correspondant à La Paz,  Reza Nourmamode

La ville de Potosi, située à près de 600 kilomètres au sud de La Paz, est paralysée depuis deux semaines. Et le conflit risque de s’éterniser encore : un début de dialogue entre les grévistes et le gouvernement a en effet avorté, mardi après-midi à La Paz.

Les manifestants réclament une série de mesures et d’investissements dans la région. Outre la construction d’un aéroport international, ils demandent la construction d’un hôpital, d'une usine de ciment ou encore d’un projet de restructuration de la mine de Cerro Rico. Le gouvernement accuse les grévistes d'être manipulés par l'opposition de droite et regrette un blocus qui « met en danger l'économie de la région ». Selon le gouvernement, le conflit qui paralyse la ville depuis deux semaines aurait coûté 6 millions d'euros.

Mines bloquées, touristes évacués

Le secteur minier est la principale victime de cette paralysie. La grève a ainsi paralysé la mine de la compagnie Manquiri, filiale de l’américain Coeur d'Alene Mines. Les activités de production de zinc et de nickel du groupe San Cristobal, filiale des Japonais de Sumitomo Metal, ont également été touchées.

Le tourisme est aussi très durement frappé. A Potosi, qui accueille chaque année environ 70 000 visiteurs, les autorités boliviennes ont amorcé des opérations « d’évacuation » de touristes argentins, français et britanniques bloqués par la paralysie des transports.

Pour Morales, « c'est la droite qui est derrière »

Le blocus entraîne aussi une pénurie d'aliments et de médicaments que subissent les 200 000 habitants de la ville. Une situation « alarmante et injustifiée », estime le président bolivien Evo Morales. « Le plus douloureux, c'est que cette grève est en train de détruire Potosi. C'est la ville de Potosi qui souffre », a-t-il dénoncé.

Aux grévistes qui « disent que nous n'avons rien fait », le président bolivien répond que « la région de Potosi est notamment celle qui a le plus reçu en termes de nouvelles infrastructures routières : plus d'un milliard d'euros d'investissements dans ce secteur. » Pour Evo Morales, « c'est la droite et les néolibéraux qui sont derrière tout ça, qui participent au conflit. C'est une honte que des dirigeants syndicaux puissent se faire aider par la droite. La droite qui n'a absolument rien fait dans le passé. »

De leur côté, les paysans producteurs de coca, soutiens fidèles d'Evo Morales, ont menacé de venir à La Paz défendre le gouvernement contre les grévistes si une solution n'était pas rapidement trouvée.

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