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Bolivie

Grève de Potosi: le risque d'un embrasement en Bolivie

La Paz, le 13 juillet dernier.
La Paz, le 13 juillet dernier. REUTERS/David Mercado
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le conflit qui oppose le gouvernement bolivien aux grévistes de la région touristique et minière de Potosi dure depuis 20 jours. Les 200 000 habitants de la ville de Potosi, située à environ 600 kilomètres au sud de La Paz, subissent toujours un blocus total, provoquant la pénurie des produits de première nécessité. Plusieurs secteurs fidèles au président Morales ont menacé d'intervenir contre les grévistes, laissant craindre une aggravation du conflit.

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Lancé à Potosi, à 4 000 mètres d'altitude dans le sud de la Bolivie, le mouvement de contestation qui touche actuellement la Bolivie s'est depuis lors bien installé au cœur de la capitale. « Nous donnons 48 heures aux grévistes pour commencer à dialoguer avec le gouvernement. Dans le cas contraire, nous sortirons dans les rues pour défendre notre ville et éviter qu'elle ne soit détruite », a averti vendredi 24 juillet le syndicat des riverains de La Paz, la capitale, qui est devenue le théâtre d'affrontements presque quotidiens, rapporte notre correspondant sur place Reza Nourmamode

Les violences opposent les forces de l'ordre aux grévistes venus de Potosi, qui réclament depuis près de trois semaines des mesures d'aide économique pour le développement de leur région qui n'a pas profité, selon eux, du boom économique de ces dernières années. Ils réclament notamment la construction sur place d'une fabrique de ciment, d'un aéroport international, d'hôpitaux spécialisés, ainsi qu'une restructuration de la mine de Cerro Rico. Inscrite au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco, la ville de Potosi avait été, au XVIe siècle, le plus grand complexe industriel au monde, grâce à ses gisements d'argent et d'étain.

Des mineurs grévistes de Potosi photographiés à La Paz le 20 juillet lors d'une marche.
Des mineurs grévistes de Potosi photographiés à La Paz le 20 juillet lors d'une marche. REUTERS/David Mercado

Le « dialogue de sourds » continue

Mercredi 22 juillet à La Paz, après l'échec de nouvelles tentatives de discussions, l'utilisation de bâtons de dynamite et de gaz lacrymogènes dans les affrontements a provoqué un début d'incendie dans les locaux du consulat d'Allemagne, situé dans le centre-ville de la capitale, ainsi que de graves dommages à plusieurs locaux officiels de la ville. Résultat : un début de panique et une cinquantaine d'arrestations. Entre autres demandes, les grévistes conditionnent d'ailleurs la reprise du dialogue à la libération de tous leurs camarades détenus depuis lors. « Si on ne les libère pas, ce sera comme revenir à l'époque des dictatures militaires », a osé le leader Comité civil de Potosi (Comcipo) Johnny Llally.

Les contestataires veulent aussi qu'un éventuel accord soit signé par le président Evo Morales lui-même. Les dirigeants du Comcipo, à l'origine du mouvement, se trouvent depuis deux semaines à La Paz et affirment que des accords conclus il y a cinq ans pour le développement de la région de Potosi sont restés lettre morte. Ils veulent rencontrer des membres du gouvernement et M. Morales, ancien leader syndical des producteurs de coca, mais ce dernier a pour l'instant refusé, continuant de défendre son bilan à Potosi en matière d'infrastructures : « il ne manquera pas de traîtres, mais les gens vont continuer à nous soutenir », a-t-il lancé jeudi.

Le risque d'une confrontation d'ampleur

Lors de la dernière élection présidentielle bolivienne, en 2014, la région de Potosi a voté à 69 % pour Evo Morales. Et le gouvernement accuse les grévistes d'être à la solde de l'opposition de droite. Alors, ses soutiens se mobilisent. Les organisations paysannes de la région de Potosi ont elles aussi proféré une menace à l'encontre des grévistes. Ces syndicats d'agriculteurs, restés fidèles au président, ont promis d'encercler la ville de Potosi et de lever par la force le blocus qui dure depuis maintenant 20 jours.

Quant aux mineurs de Potosi, qui participent au mouvement de grève, ils ont annoncé leur volonté d'expulser de la ville les dirigeants élus du Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti présidentiel, si une solution n'était pas rapidement trouvée.

Des menaces de part et d'autre qui pourraient dériver en affrontement entre les deux camps.

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