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Nucléaire iranien: Kerry défend l’accord devant les représentants

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry en campagne pour défendre l'accord sur le nucléaire iranien qui doit être voté par le Congrès américain.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry en campagne pour défendre l'accord sur le nucléaire iranien qui doit être voté par le Congrès américain. Olivier Douliery/Getty Images/AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry était auditionné à propos de l’accord sur le nucléaire iranien par la Chambre des Représentants ce mardi, comme il l’avait été par le Sénat la semaine dernière. Le secrétaire d’Etat, accompagné du négociateur Ernest Moniz pour cette session de questions-réponses, est resté très calme et pédagogue. Objectif : faire diminuer l’opposition du Congrès américain qui doit voter le texte. Dans le cas contraire, il risque de faire capoter cet accord, qualifié d’historique par le président américain Barack Obama.

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Avec notre correspondante à Washington,  Anne-Marie Capomaccio

Rien de très surprenant dans cette très longue session de la Chambre des représentants. John Kerry a fait face à des élus déterminés à empêcher l’application de l’accord sur le nucléaire iranien, signé à Vienne.

Une opposition des républicains et de certains démocrates, qui ont, avec agressivité, développé leurs arguments, estimant que l’Etat d’Israël, allié des Etats-Unis, est fragilisé par cet accord, ou que l’Iran n’est pas fiable, un pays terroriste qui ne respectera pas sa parole quels que soient les contrôles.

Ces critiques tiennent du fantasme, répond John Kerry, qui a réexpliqué les termes de l’accord et les contraintes auxquelles Téhéran devra se plier.

« Nous n’avons que deux options. Soit nous allons de l’avant avec cet accord, pour nous assurer que le programme nucléaire iranien est limité, étroitement surveillé, et complètement pacifique. Soit nous n’avons pas d’accord du tout. Pas d’inspections, pas de contraintes, pas de sanctions, aucune information sur ce qu’ils font et ils peuvent recommencer à enrichir », a martelé le secrétaire d'Etat.

Il a fait savoir devant les députés, que c'et accord était, selon lui, la seule option viable. « Pour être clair, si le Congrès rejette ce qui a été signé à Vienne, non seulement nous accélérons la progression des Iraniens vers l’enrichissement d’uranium, la construction d’un réacteur à l’eau lourde, l’installation de nouvelles centrifugeuses, mais ils le feront sans les mesures de transparence sans précédent que nous avons mises en place. »

Il a également rappelé le consensus international sur le texte, signé par Washington certes, mais aussi par les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et par l’Allemagne. « Tout ce que nous avons essayé d’éviter va ainsi se produire. Et le pire est que si nous nous détournons de l’accord nous seront seuls. Nos partenaires ne nous soutiendront pas… »

La Maison Blanche est sur la défensive, car les parlementaires américains peuvent encore faire capoter l’accord signé à Vienne. Si le rapport de force reste ce qu’il est aujourd’hui, le Congrès va voter contre le texte et Barack Obama va devoir opposer son veto. Chaque voix démocrate compte car il faudra alors une majorité de 60 % pour renverser ce veto. C’est donc dans le parti présidentiel qu’il faut convaincre.

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