Revue de presse des Amériques

A la Une: Galop d’essai pour la présidentielle en Argentine

Juan Manzur lors du vote pour l'élection du gouverneur de la région de Tucuman, le 23 août 2015.
Juan Manzur lors du vote pour l'élection du gouverneur de la région de Tucuman, le 23 août 2015. ATILIO ORELLANA / AGENCIA INFOTO / NA / AFP
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Dimanche 23 août, les habitants de la petite province de Tucuman dans le nord de l’Argentine votaient pour élire leur gouverneur. Les deux principaux candidats à la présidentielle avaient fait le voyage. Ils ont pris connaissance ce matin des résultats officiels. Le candidat du parti de la présidente Cristina Kirchner a remporté ces élections avec 54 % des votes contre 40 % pour l'opposition. La Nacion décrit un climat de tension après plusieurs plaintes d'irrégularités. Le quotidien argentin compte notamment une trentaine d'urnes brûlées.

La version latino-américaine d’El País dénonce l'achat de votes dans un reportage intitulé « Les élections millionnaires dans une des provinces les plus pauvres de l'Argentine. » « Plus de cent voitures attendent à la porte d'une école de San Miguel de Tucuman pour ramener les électeurs à leur maison et aller en chercher d'autres », raconte El País. « À quelques heures de la fermeture des urnes a lieu un grand marché pendant lequel tout est bon pour gagner un vote », poursuit le reporter. « Tous nient payer les électeurs, mais ils reconnaissent qu'il y a des cadeaux ». « C'est une tradition depuis 30 ans, affirme l'un des responsables locaux du parti de Kirchner. Mais quand ils rentrent dans l'isoloir, ils votent pour qui ils veulent », continue-t-il.

« Le vote de Tucuman est un parfait exemple de la confusion qui règne aujourd'hui en Argentine », affirme le Buenos Aires Herald. Mais pour l'éditorialiste de Pagina 12, les rumeurs de fraude sont une invention de la presse. « Deux semaines après les primaires ouvertes, les médias dominants ont abandonné l'analyse des résultats qui est une expression rigoureuse de la préférence des citoyens. Le débat politique est minimisé et se judiciarise à l'extrême », estime Pagina 12.

Le président guatémaltèque refuse de quitter le pouvoir

Le Guatemala tremble après l'intervention médiatique dimanche du président de la République. Otto Pérez a publiquement refusé de quitter le pouvoir, deux jours après des accusations de corruption par le parquet et malgré les manifestations de milliers de Guatémaltèques contre son gouvernement ces derniers mois.

El Universal précise que le président a reçu la démission de trois de ses ministres, « trahis et déçus d'apprendre que leur chef était lié à un réseau de corruption ». Le quotidien mexicain rappelle également que pour le 18e samedi de suite des milliers de Guatémaltèques ont manifesté pacifiquement dans plusieurs villes du pays. En juillet la commission internationale contre l'impunité au Guatemala a révélé que le crime organisé a pénétré les partis politiques.

Pour El Periodico, le président a deux choix: « démissionner en tenant compte du cri du peuple ou rester à son poste de président et se soumettre à une procédure devant la justice ». Dans ce dernier cas, explique le quotidien guatémaltèque, la Cour suprême devra décider si les accusations permettent ou non de lever l'impunité présidentielle.

Vague de violence au Salvador

El Mundo résume la situation avec un dessin. Un personnage représente le Salvador à moitié immergé dans l'eau sous le poids de pierres qui lui tombent dessus. Il a la langue qui pend, les yeux hagards. Les pierres qui lui sont déjà tombées sur la tête portent le nom de : « délinquance », « pauvreté » et « corruption ». Celles qui viennent de lui tomber dessus : « extorsion » et « crise économique ». Et pour finir, le rocher en train de tomber du ciel : « homicides ».

Le nombre d'homicides ne cesse en effet d'augmenter. Rien que la semaine dernière, 125 personnes ont été assassinées au Salvador. Face à cette escalade de violence, la Prensa Gráfica appelle à l'unité. « Nous devons tous collaborer pour que le pays puisse avancer, sans chercher à savoir qui est à l'origine de cette violence », affirme dans un éditorial le quotidien salvadorien. « Le gouvernement soutient qu'il ne cédera pas dans son combat contre la criminalité. C'est une position institutionnelle qui doit être maintenue », estime le quotidien. Mais pour cela il faut que toutes les composantes de la scène politique fassent front : « l'agenda national est surchargé d'impératifs et il faut distinguer le fondamental du complémentaire, continue la Prensa Grafica. Personne ne doit rester figé dans ses positions ou intérêts. Nous avons tous le devoir de coopérer ».

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