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Syrie / Irak

Les crimes homophobes de l’EI devant le Conseil de sécurité de l'ONU

Subhi Nahas, un homosexuel syrien réfugié aux Etats-Unis, est venu témoigner devant les membres du Conseil de sécurité des exactions commises par le groupe Etat islamique, lundi 24 août.
Subhi Nahas, un homosexuel syrien réfugié aux Etats-Unis, est venu témoigner devant les membres du Conseil de sécurité des exactions commises par le groupe Etat islamique, lundi 24 août. REUTERS/Mike Segar
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Pour la première fois depuis sa création en 1945, le Conseil de sécurité des Nations unies a consacré une réunion à haut niveau sur les droits de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans). Des victimes de persécutions homophobes par le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie ont témoigné devant les membres du Conseil de sécurité.

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Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

« Dans cette société, être gay est synonyme de mort. » Celui qui prononce cette phrase souhaite rester anonyme. Adnan, le faux nom qu’il s’est choisi, s’exprime par téléphone depuis un lieu non dévoilé au Proche-Orient. Il précise seulement qu’il est Irakien aux membres du Conseil de sécurité des Nations unies, qui ont tenu lundi une réunion inédite consacrée aux droits des homosexuels.

Les jihadistes « chassent les gays »

En l’occurrence, il s’agissait de dresser l’état des lieux des exactions et crimes subis par les homosexuels dans les territoires contrôlés par le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie. « Quand les jihadistes de l'EI capturent quelqu'un, ils inspectent son téléphone, ses contacts et ses amis sur Facebook. Ils chassent les gays un par un », rapporte ce témoin irakien. Et dans cette chasse aux homosexuels, « c'est comme un effet domino : si l’un tombe, les autres tomberont aussi ».

Selon la Commission internationale des droits des gays et lesbiennes, l'organisation Etat islamique a revendiqué au moins 30 exécutions d'hommes accusés de « sodomie » depuis l’an dernier. Des vidéos estampillées du sigle de l'EI et des témoignages attestent que ces derniers mois, en Syrie, dans les villes de Palmyre et de Deir Ez Zor, plusieurs d'entre eux ont été jetés du haut d'un immeuble. « Les foules en liesse réagissent comme si elles étaient à un mariage », témoigne un homosexuel syrien, désormais réfugié aux Etats-Unis.

Une « porte a été ouverte » à l'ONU

Depuis sa création en 1945, l'ONU n'avait jamais tenu de réunion uniquement consacrée au sujet des droits des homosexuels. « Il était temps, 70 ans après la création de l’ONU, que le sort des personnes LGBT qui craignent partout dans le monde pour leur vie, soit porté sur le devant de la scène », a déclaré l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power.

La réunion, qui s’est tenue à huis clos, a été organisée à l’initiative de la Chine et des Etats-Unis, et était ouverte à tous les membres du Conseil de sécurité. Mais l’Angola et le Tchad n’ont pas envoyé de représentant, lundi. Parmi les 193 pays membres des Nations unies, 77 ont des lois pénalisant l’homosexualité, considérée dans ces pays comme un délit ou un crime.

« Aujourd'hui, une porte a été ouverte », s’est félicitée Jessica Stern, directrice exécutive de la Commission internationale des droits des gays et lesbiennes. « La communauté internationale doit comprendre la persécution anti- LGBT comme une composante de la façon dont le groupe Etat islamique traite ceux qu'il qualifie d'impurs », a-t-elle ajouté. Mais au-delà du cas évoqué au cours de cette réunion, elle souhaite aussi que la défense des droits des homosexuels soit prise en compte « avant, pendant et après les conflits ».

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