Brésil

Brésil: A défaut d'être populaire, Dilma Rousseff devient «virale»

Des blagues et remarques acides circulent sur Facebook et Twittersur Dilma Roussef, la présidente brésilienne.
Des blagues et remarques acides circulent sur Facebook et Twittersur Dilma Roussef, la présidente brésilienne. REUTERS/Ueslei Marcelino
Texte par : François Cardona
4 mn

Au Brésil, après les manifestations monstres de ces derniers mois contre la présidente Dilma Rousseff, les scandales de corruption à répétition, la crise économique et politique, une colère populaire croissante s’exprime sur la Toile et les réseaux sociaux vis-à-vis du pouvoir. Et la présidente Dilma Rousseff est la première visée.

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Dilma Roussef est au plus bas dans les sondages. Sa popularité est tombée à 7%. Et sur le net, les internautes s’en donnent à cœur joie, avec humour, dérision, et un peu de cynisme aussi, notamment quand il s’agit d’évoquer la crise économique, la récession, qui frappe le pays et les mesures d’austérité engagées par le présidente pour y faire face.

«J'ai bien aimé cette blague, je vais mettre un impôt dessus !»
«J'ai bien aimé cette blague, je vais mettre un impôt dessus !»

Quelques blagues et remarques acides circulent sur Facebook et Twitter. Comme cette photo de Dilma faisant un clin d’oeil. Et un panneau dessous : «L’inflation est sous contrôle, le problème ce sont les prix». Ou encore, «J’ai bien aimé ta blague, je vais lui mettre un impôt dessus !», une remarque, en référence aux nouveaux impôts que la présidente compte mettre en place pour combler le déficit annoncé du budget de l’Etat.

La police fédérale enquête même sur des menaces proférées à l’encontre de la présidente sur Facebook. L’organisatrice d’un buffet lors d’un évènement auquel allait participer Dilma Rousseff a proposé à ses amis de lui préparer une surprise, très spéciale. Parmi les réponses sur Facebook, certains ont suggéré de l’empoisonner. Pas de victime bien sûr pour l’instant, il ne s’agissait que d’une blague visiblement. Mais la police fédérale a été chargée d’enquêter.

« House of Cunha »

Une vidéo fait le buzz en ce moment. Elle a été vue par plus de 600 000 personnes. Il s'agit d'une scène de la série House of Cards très cynique, qui a lieu à la Maison Blanche, avec l’acteur américain Kevin Spacey. Cette petite vidéo virale s’appelle House of Cunha, du nom du président de la chambre des députés, ennemi juré de Dilma Rousseff. Dans la vidéo de 6 minutes, les sous-titres ont été modifiés. Et l’acteur Kevin Spacey, jouant le rôle de Cunha, dénonce ses alliés pour des affaires de corruption, dans lesquels ils seraient impliqués.

Eduardo Cunha, lui, est accusé d’avoir reçu des pots de vin dans le scandale de corruption Petrobras. Plusieurs milliards d’euros auraient été détournés des comptes de l’entreprise pétrolière. Outre Eduardo Cunha, des dizaines d’hommes d’affaires et de politiques sont accusés d’avoir bénéficié du système. Plusieurs ténors du parti des travailleurs, celui de la présidente, vont être jugés dans le cadre du scandale Petrobras dont José Dirceu, l'ancien Premier ministre du président Lula. Mais là aussi les internautes ne semblent pas se faire d’illusion.

Corruption en ligne

Sur la Toile, nombreux sont ceux qui rappellent que José Dirceu et ses amis pourraient de nouveau compter sur un comité de soutien on line. Il y a moins de 3 ans, lors du procès dit du «mensalão». Plusieurs leaders du PT, dont José Dirceu avaient été condamnés à de la prison et à des amendes records, pour corruption et association de malfaiteurs pour avoir acheté les voix de parlementaires brésiliens. José Dirceu avait été condamné à près de 11 ans de prison, et à verser une amende de quelques 300 000 euros. Il n’avait finalement pas eu à débourser un seul centime grâce à des appels au don anonyme sur internet, des cagnottes en ligne qui ont réussi à réunir la valeur de l’amende.
 

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