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Revue de presse des Amériques

A la Une: percée historique pour la paix en Colombie

Le président cubain Raúl Castro prend les mains du président colombien Juan Manuel Santos et du leader des FARC Rodrigo Londono 'Timochenko', le 23 septembre 2015 à La Havane.
Le président cubain Raúl Castro prend les mains du président colombien Juan Manuel Santos et du leader des FARC Rodrigo Londono 'Timochenko', le 23 septembre 2015 à La Havane. Reuters

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Les éditorialistes sont nombreux à saluer « une avancée historique », « la poignée de main qui mettra fin à la guerre » ou encore « une avancée qui rend le processus de paix irrévocable ».

L'accord partiel qui a été présenté hier à La Havane « apporte des réponses que nous attendions depuis le début des pourparlers de paix, à savoir : une date butoir pour la fin des négociations et la manière dont sera appliquée la justice pour poursuivre les auteurs des crimes commis durant le conflit armé », écrit El Pais. Le journal de Cali estime que désormais la Colombie se dirige tout droit « vers une paix stable et durable. Grâce à l'effort exceptionnel du président Juan Manuel Santos qui a tout mis en œuvre pour en finir, sans effusion de sang, avec une violence irrationnelle, fratricide et néfaste pour notre Nation ».

Reconnaissance aussi dans les colonnes du Diario ADN. « J'ai toujours été un farouche opposant de ce président qui a tout sacrifié pour arriver à cette issue à La Havane. Mais aujourd'hui je lui tire mon chapeau », avoue l'éditorialiste qui poursuit : « Je reconnais publiquement que Juan Manuel Santos a su mener sa barque avec l'habilité exceptionnelle d'un grand joueur de poker ».

D'autres journaux se montrent bien plus prudents, notamment en ce qui concerne la question des victimes du conflit armé. El Heraldo souligne qu' « en effet, la Colombie semble se trouver à seulement un pas de la paix. Mais attention, l'accord sur la juridiction spéciale pose encore de nombreuses questions », prévient le quotidien.

Le portail d'informations en ligne Portafolio s'interroge par exemple sur la nature des travaux d'intérêt général auxquels pourraient être condamnés les auteurs de délits commis durant le conflit armé. « Nous ne savons pas si les condamnés auront le droit de se déplacer à travers le territoire national ou de vaquer à différentes activités, à commencer par le prosélytisme politique », fait remarquer l'éditorialiste.

Le quotidien El Mundo s'intéresse à un autre passage de l'accord sur la juridiction spéciale. Voici ce que dit ce passage : « L'Etat colombien accordera l'amnistie la plus large possible pour des délits politiques et ceux qui y sont liés ». Reste à définir ce qui sera qualifié de délit politique, estime El Mundo qui voit là une faille qui pourrait nuire à la demande légitime des victimes d'obtenir justice et, le cas échéant, des réparations. Le journal conclut d'ailleurs sur une mise en garde à l'adresse du président colombien : « Nous nous souviendrons de la promesse réitérée par Juan Manuel Santos de soumettre l'accord final au vote lors d'un referendum populaire ».

La responsabilité du gouvernement et de l'Etat colombien dans l'application d'un éventuel accord de paix est aussi mise en avant aujourd'hui. « Les annonces faites par Juan Manuel Santos et le chef des Farc Timoleon Jimenez sont historiques, mais gardons les pieds sur terre », lance par exemple La Vanguardia. « Nous ne devons pas nous faire de fausses illusions. Notre histoire récente démontre que des attentes démesurées peuvent ensuite s'écrouler et se transformer en déceptions douloureuses ». Et La Vanguardia de poursuivre : « Prenons l'exemple du démantèlement des groupes paramilitaires colombiens. Il a abouti à la création de puissantes et obscures bandes criminelles. Et la démobilisation de milliers de combattant des Farc peut se solder très facilement par un résultat similaire ».

Pour qu'un tel scénario catastrophe ne se répète pas, La Vanguardia souligne la nécessité d'un déploiement massif de l'autorité de l'Etat à travers l'ensemble du territoire national, ainsi que le développement économique des zones rurales, « puisque l'impunité et le manque d'opportunités qui touchent des centaines de milliers de Colombiens sont le véritable carburant de ce conflit ». Et le journal de conclure : « On se doute donc qu'il ne suffit pas de signer un accord, même historique, pour obtenir une paix réelle dans notre pays ».

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