Etats-Unis

Premier débat démocrate: Sanders offensif, Clinton imperturbable

L'ancien sénateur Jim Webb, le sénateur Bernie Sanders, l''ex-secrétaire d'Etat Hillary Clinton, l'ancien gouverneur du Maryland Martin O'Malley et l'ancien gouverneur du Rhode Island Lincoln Chafee, lors du débat de la primaire démocrate du 13 octobre.
L'ancien sénateur Jim Webb, le sénateur Bernie Sanders, l''ex-secrétaire d'Etat Hillary Clinton, l'ancien gouverneur du Maryland Martin O'Malley et l'ancien gouverneur du Rhode Island Lincoln Chafee, lors du débat de la primaire démocrate du 13 octobre. REUTERS/Lucy Nicholson

Ils étaient cinq candidats démocrates sur scène, mais c'est bien à un face-à-face que les Américains ont assisté dans la nuit de mardi à mercredi. Hillary Clinton et Bernie Sanders, les deux favoris à la primaire du parti, ont capté l’attention et mobilisé la parole lors de ce premier débat de trois heures, devant les caméras de CNN. Un débat au cours duquel il a beaucoup été question de politique intérieure et finalement très peu de politique internationale.

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Avec notre correspondante à Washington,  Anne-Marie Capomaccio

Il est vrai que les sujets de politique internationale n’ont pas été au cœur de ce débat, mais la situation en Syrie a tout de même été abordée. Les candidats sont d’accord sur un point : si un démocrate est élu à la Maison Blanche en 2016, il n’y aura pas de troupes américaines sur le terrain.

L’ancienne secrétaire d’Etat se prononce toutefois pour une zone de « non-survol » au-dessus de la Syrie, et pour des pressions sur la Russie pour forcer Vladimir Poutine à discuter. Bernie Sanders a insisté sur un point : « La guerre est le dernier recours, il n’est pas question pour les Etats-Unis de se retrouver prisonniers d’un bourbier. »

La politique de Barack Obama a été, en quelque sorte, endossée par les candidats démocrates. Si dans leurs meetings de campagne, on note des positions divergentes avec la politique du président américain - sur l’accord commercial transpacifique par exemple, ou sur la politique de contrôle des armes à feu -, mardi soir pas un mot.

Peu de divergences

D'ailleurs, lorsque le modérateur leur a demandé s’ils allaient effectuer « le 3° mandat Obama », aucun candidat ne s’en est offusqué, au contraire. Chacun a rendu hommage au président avant de dire qu’on pouvait aller plus loin dans des dossiers tels que la couverture sociale, ou l’augmentation des bas salaires.

Les cinq candidats se sont ainsi concentrés sur des propositions concrètes concernant les sujets qui préoccupent l’Amérique : l’encadrement de Wall Street, l’augmentation du salaire minimum, ou le coût prohibitif des études supérieures. Et c’est autour de ces sujets que le débat a tourné. Les différences sont minimes : le credo de la soirée a été qu'il fallait aider la classe moyenne.

C’est donc sur leur personnalité que les deux candidats démocrates favoris ont tenté de se distinguer. Bernie Sanders est « trop idéaliste », et « manque d’expérience », selon Hillary Clinton. Le sénateur du Vermont a insisté lui sur le fait qu'il était le seul candidat qui ne soit pas fortuné et qui finance sa campagne sans faire appel à l’argent des groupes de pression.

« Je suis le seul candidat à la présidentielle à ne pas être milliardaire, a déclaré le challenger à la primaire démocrate. Je n’ai pas de groupes de pression qui collectent des fonds. Je n’accepte pas l’argent des milliardaires. » Et la favorite des sondages de rétorquer : « Je ne suis pas candidate parce que mon nom est Clinton. Je pense que je peux battre les républicains, car nous ne pouvons nous permettre de voir un républicain succéder à Barack Obama en tant que président des Etats-Unis ! »

Hillary Clinton a mis en avant son expérience. « Nous ne sommes pas au Danemark, a-t-elle lancé au sénateur du Vermont. Vos promesses sont irréalisables. » Son adversaire est lui revenu à trois reprises sur la confiscation des richesses par 1 % de la population américaine.

Mais dans l'ensemble, le débat a été très fair-play, avec un ennemi commun en toile de fond : le Parti républicain. Globalement, Hillary Clinton a montré un calme et une assurance face aux attaques de ses adversaires. L'ex-secrétaire d'Etat est habituée de ce genre de rendez-vous, ayant participé à plus d'une vingtaine de débats en 2008 lors de sa première tentative pour rejoindre la Maison Blanche. Mais si de l'avis des médias, Clinton a dominé le débat, les réseaux sociaux, eux, ont donné l’avantage au socialiste démocrate. Manifestement, Bernie Sanders a séduit les jeunes.

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