La revue de presse des Amériques

A la Une : Hillary Clinton sur le gril

Hillary Clinton lors de son audition devant la commission spéciale créée par la majorité républicaine de la Chambre des représentants, le 22 octobre 2015.
Hillary Clinton lors de son audition devant la commission spéciale créée par la majorité républicaine de la Chambre des représentants, le 22 octobre 2015. REUTERS/Jonathan Ernst

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Une femme est à la une de presque tous les quotidiens généralistes américains : Hillary Clinton. L’ancienne secrétaire d’Etat a vécu hier une journée marathon : elle a été auditionnée pendant près de 11 heures à la Chambre des représentants. Un comité, composé en majorité de députés républicains, a cherché à établir quelle était sa responsabilité suite à l'attentat de Benghazi, en 2012. Quatre Américains, dont l'ambassadeur, avaient été tués dans l'attaque contre l'ambassade américaine de cette ville libyenne. Hillary Clinton était alors secrétaire d'Etat. Hier, le comité l'a accusée d'avoir négligé la sécurité des bâtiments. Aujourd'hui, la presse se pose la question de l'utilité d'une telle audition.

Le New York Times parle d'un « interrogatoire sans intérêt», mené par « un gang de républicains malveillants ». Il dénonce une « croisade politique », qui a coûté « plus de 4,6 millions de dollars ». « Sans surprise, écrit l'éditorialiste, cette audition n'a apporté aucune information nouvelle. »

Le Washington Post, lui non plus, n'a rien relevé de plus par rapport aux sept enquêtes déjà menées auparavant sur le sujet. Pour le journal, Hillary Clinton n'a pas vraiment été mise en difficulté, au contraire : cette audition aurait été utile à la candidate à la primaire démocrate. Elle « a montré qu'[Hillary Clinton] a un projet plus ambitieux [que l'administration Obama] pour la politique étrangère américaine ».

En Argentine, « le muscle politique ne se repose jamais »

Trente-deux millions d’Argentins sont appelés aux urnes ce dimanche, pour élire un nouveau président. Daniel Scioli, le dauphin de la présidente sortante Cristina Kirchner, est le grand favori des sondages. Il est crédité de près de 40% des voix dans les enquêtes d'opinion. Tout serait donc joué, relève un journaliste politique de Clarín, qui prévient que»le muscle politique ne se repose jamais».

Le journaliste se livre ensuite à une analyse plutôt féroce de l'usage des sondages en politique. Il décrit des équipes électorales désespérées devant tous ces « chiffres qui ne rassurent personne » : ni Daniel Scioli -qui n'est pas certain d'être élu dès le premier tour-, ni son principal concurrent, Mauricio Macri, qui n'est pas sûr de se maintenir au second tour.

Le quotidien argentin La Nación, s'intéresse lui aussi aux sondages, mais par un autre prisme. Il dénonce le jeu de « caméléon » de la classe politique argentine, et se moque des élus régionaux qui, à la faveur des sondages du moment, « ont abandonné le kirchnérisme », du nom de la présidente sortante Cristina Kirchner, « pour se jeter dans les bras de Massa », un candidat de l'opposition, lui aussi transfuge du camp Kirchner.

« Ce sont les mêmes qui, [quand Massa] a baissé dans les sondages, sont revenus dans la majorité, avec encore plus d'enthousiasme qu'ils ne l'avaient quitté ». Pour La Nación, il s'agit souvent d'un « pragmatisme obscène », qui « atteint la crédibilité de toute la politique ».

Elections en Haïti : « manœuvres, magouilles, ou violence ? »

Ce dimanche 25 octobre, les Haïtiens sont eux aussi appelés aux urnes. Ils voteront pour le second tour des législatives, les élections municipales et le premier tour de la présidentielle.
Le site d’information en ligne Alterpressepublie une tribune de Jean Hénold Buteau. L'universitaire, aussi membre du parti de l'alternative socialiste, dénonce la décision de poursuivre le processus électoral en l'état, malgré les irrégularités constatées le 9 août dernier, lors du premier tour des législatives. « En prétendant expédierle renouvellement des autorités, la communauté internationale (...) est en train de perpétuer la pègre et l'instabilité politique en Haïti ». Il appelle donc à une abstention massive, par ces mots : « n'allez pas souiller votre conscience en cautionnant cette agression contre notre pays et contre notre peuple ».
 
Le Nouvelliste semble lui aussi désabusé. L'éditorialiste retrace l'histoire des fraudes et des violences électorales en Haïti, depuis la démocratisation à la fin des années 1980. Il conclut par cette question : « à trois jours du 25 octobre, qu'est-ce qui nous attend dans la panoplie des moyens qui déterminent le sort d'une élection : manœuvres, magouilles, ou violence ? ».

 

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