Etats-Unis

Un syndicat de police américain veut le boycott des films de Tarantino

Manifestation à New York, le 17 juillet 2015, un an après la mort d’Eric Garner, un père de famille noir tué par un policier blanc.
Manifestation à New York, le 17 juillet 2015, un an après la mort d’Eric Garner, un père de famille noir tué par un policier blanc. REUTERS/Eduardo Munoz/Files

Un syndicat de police new-yorkais appelle au boycott des films de Quentin Tarantino. C'est la participation du réalisateur américain à une manifestation contre la violence policière qui a mis en colère l'Association des officiers de patrouille. Les déclarations de Quentin Tarantino ont été particulièrement mal perçues au moment où sont réunis à Chicago 14 000 responsables de la police américaine.

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Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

Les syndicats de police sont furieux contre Quentin Tarantino, c'est un euphémisme, leurs représentants se sont relayés dans les médias pour appeler au boycott de ses films.

Motif de cette colère : le réalisateur de « Kill Bill » ou « Reservoir Dogs », avec le langage cru qu'on lui connait, a pris la parole lors d'une manifestation contre la violence policière. « Je suis là en tant qu'être humain doté d'une conscience, et quand je vois des meurtres je ne peux pas rester sans rien faire. Une victime est une victime. Et les meurtriers doivent être appelés des meurtriers », a lancé le réalisateur.

La réponse du plus important syndicat de police new-yorkais est tout aussi virulente  : « Les policiers que Quentin Tarantino a qualifiés de meurtriers ne vivent pas dans l'univers dépravé de ses fantasmes pour grand écran. Rien de surprenant à ce qu'un homme qui gagne sa vie en glorifiant le crime déteste les flics ».

Le malaise actuel de la police américaine n'est pas étranger à cette réaction. Les forces de l'ordre se sentent attaquées de toutes parts depuis plus d'un an, depuis le début des émeutes contre la violence policière à Ferguson.

Les responsables admettent qu'une réforme des pratiques s'impose. Mais ils sont sur la défensive et craignent que les critiques de leaders d'opinion, comme Tarantino, n'enveniment une situation déjà détériorée.

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