Etats-Unis/ Justice

Les Etats-Unis face au racisme d'un jury pénal

La Cour suprême américaine.
La Cour suprême américaine. Photo: Wikipedia

Les Etats-Unis sont de nouveau confrontés au problème du racisme. Ce lundi, la Cour suprême se penchera sur le cas de Timothy Foster, ce jeune Noir handicapé mental, qui a été condamné à mort en 1987 pour le meurtre d'une femme blanche. Presque 30 ans après, ses avocats présentent aujourd'hui devant les juges de la plus haute instance judiciaire américaine des preuves explosives : le jury de l'époque a été sélectionné selon des critères racistes.

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En 1986, Timothy Foster, 18 ans, torture, puis tue une ancienne maîtresse d'école à la retraite, Queen Madge White, lors d'un cambriolage. Un an plus tard, alors qu'il souffre d'un handicap mental, il est condamné à la peine de mort. Le jury est composé exclusivement de Blancs. Dès le début, les avocats de la défense fustigent ce qu'ils appellent une sélection raciste des jurés. L'accusation est réfutée avec véhémence par le procureur de la cour de Géorgie où se tient le procès de Timothy Foster.

Affaire déclassifiée

Ce n'est que vingt ans plus tard, après la promulgation d'une loi permettant la déclassification de documents judiciaires, que les défenseurs du condamné obtiennent les preuves de leur thèse. Celles-ci sont accablantes : sur une liste des appelés tirés au sort pour constituer le jury, un B est écrit à la main devant le nom des personnes noires (Black en anglais).

Ces citoyens estampillés « B » ont été écartés du jury. Bien que la Cour suprême ait interdit les récusations de jurés fondées sur des motifs raciaux, le cas de Timothy Foster est loin d'être unique aux Etats-Unis. Aujourd'hui âgé de 47 ans, ce dernier se trouve toujours dans le couloir de la mort.

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