Brésil

Procédure de destitution: la présidente du Brésil contre-attaque

La présidente brésilienne Dilma Rousseff, le 4 novembre 2015 à Brasilia.
La présidente brésilienne Dilma Rousseff, le 4 novembre 2015 à Brasilia. REUTERS/Ueslei Marcelino

La guerre est déclarée entre Dilma Rousseff et ses détracteurs, qui tentent de l’écarter du pouvoir à l'aide d'une procédure de destitution. Vendredi 4 décembre, la Cour suprême du Brésil a rejeté deux appels présentés par des alliés de la présidente brésilienne pour bloquer la procédure de destitution. Une décision concernant un troisième appel est toujours attendue, mais le rejet formulé par la Cour est un coup dur pour Mme Rousseff, qui n’a pas hésité à parler de « coup d’Etat » pour qualifier la méthode de ses adversaires.

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« La procédure d’impeachment n’a aucun fondement. Je vais défendre mon mandat avec tous les instruments prévus dans notre Etat démocratique de droit. » Voilà ce que n’a pas hésité à déclarer Dilma Rousseff, devant un parterre de fonctionnaires du secteur de la santé venus assister à une cérémonie.

La présidente du Brésil a tenu à réagir, après l’annonce de la décision de la Cour suprême, devant un auditoire qui scandait « Non au coup d’Etat ! » et « Dehors Cunha ! » Ces fonctionnaires visaient Eduardo Cunha, le président ultra-conservateur de la Chambre des députés.

C'est ce fervent adversaire de Dilma Rousseff qui a accepté la demande de destitution présentée par un groupe de juristes. Ces derniers accusent la chef de l'Etat d’avoir autorisé des dépenses supplémentaires sans le feu vert du Parlement.

Eduardo Cunha fait lui-même l’objet d’une enquête, pour corruption, dans le cadre du scandale du géant pétrolier Petrobras. Une affaire qui rejaillit également sur la présidente, même si elle n’est pas directement impliquée.

Désormais, c’est une course contre la montre qui attend Dilma Rousseff. Inquiète du manque de marge de manœuvre pour gouverner un pays plongé dans une crise économique et politique, la présidente souhaite accélérer la procédure. Alors que du côté de l’opposition, on tente de faire traîner les choses, pariant sur le fait qu’un enlisement de la situation, voire une détérioration, jouerait en sa faveur.

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