Venezuela

Venezuela: l'opposition revendique sa majorité qualifiée des 2 tiers

Venezuela, le 6 janvier 2016. Julio Ygarza (gauche), Nirma Guarulla (centre) et Romel Guzamana (droite), les trois députés dont le Tribunal suprême de justice a refusé l'investiture, sont venus à l'Assemblée nationale avec leur couvre-chef traditionnel.
Venezuela, le 6 janvier 2016. Julio Ygarza (gauche), Nirma Guarulla (centre) et Romel Guzamana (droite), les trois députés dont le Tribunal suprême de justice a refusé l'investiture, sont venus à l'Assemblée nationale avec leur couvre-chef traditionnel. REUTERS/Marco Bello

La première session ordinaire de la nouvelle Assemblée nationale au Venezuela a eu lieu mercredi 6 janvier, au lendemain de la rentrée parlementaire. Les discussions se sont déroulées dans un climat électrique. Le point de départ de cette tension : l'acte de serment, dès le début de la session, de trois députés de l'opposition élus dans l'Etat d'Amazonas, qui avaient pourtant été suspendus de leur poste de parlementaires par le Tribunal suprême de justice.

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Romel Guzamana est un des trois députés de l'Etat d'Amazonas qui ont finalement prêté serment mercredi. Avec sa couronne traditionnelle de la communauté indigène sur la tête, le député d'opposition savoure sa présence au sein de l'hémicycle. « C'est vraiment agréable d'être ici parce que nous jouissons de nos droits. Nous avons l'immunité parlementaire. Donc s'il veut nous déchoir de notre siège à l'Assemblée, le Tribunal suprême de justice doit d'abord déclencher une procédure auprès de l'Assemblée nationale pour nous accuser. Or, il ne l'a pas fait. Donc nous avons le droit d'être ici. »

 → A (RE)LIRE : climat tendu pour l'investiture de la nouvelle Assemblée

Avec 112 députés dans l'hémicycle, l'opposition revendique de nouveau la majorité qualifiée des deux tiers lui accordant de larges prérogatives. Le banc chaviste conteste cette décision. La présence des trois députés est un « acte illégal » pour le député chaviste Diosdado Cabello, président sortant de l'Assemblée nationale et homme fort du parti au pouvoir, qui récuse cette décision.

Le retrait des portraits de Chavez ? Du néofascisme selon Maduro

« Il y a une violation de la Constitution de la part de la direction de l'Assemblée nationale qui enfreint la décision du Tribunal suprême de justice. Nous allons continuer de venir à l'Assemblée nationale et nous dirons à chaque fois que ces décisions sont illicites et aucune loi ne va paraître dans la gazette officielle. Nous irons au Tribunal ou dans toute autre instance pour dénoncer cette décision, mais le gouvernement ne va pas être paralysé. »

Nicolas Maduro n'a pas directement commenté cette décision. En revanche, le président s'est déclaré « indigné » face au retrait d'images de Chavez au sein de l'hémicycle. Il a appelé le peuple « à se rebeller » face à ce qu'il appelle « des actions néofascistes ».

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