Etats-Unis

Critiqué de tous bords, Trump rejette les accusations d’appel à la violence

Le candidat républicain Donald Trump, au cours d'un meeting de campagne à Kansas City, Missouri, le 12 mars 2016.
Le candidat républicain Donald Trump, au cours d'un meeting de campagne à Kansas City, Missouri, le 12 mars 2016. REUTERS/Dave Kaup

Les meetings politiques de Donald Trump sont devenus de plus en plus houleux et sont fréquemment interrompus par des manifestants. Pour des raisons de sécurité, le magnat de l'immobilier a préféré annuler celui de Chicago vendredi 11 mars au soir, après qu'ait éclaté une série d'échauffourées entre des protestataires et ses partisans. Samedi 12 mars, le milliardaire était dans l'Ohio et un manifestant qui s'était approché du podium a été éjecté par les services d'ordre. Des tensions qui valent de nombreuses critiques au favori de la primaire républicaine.

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Avec notre correspondant à Washington,  Jean-Louis Pourtet

Les fréquentes échauffourées qui émaillent ces derniers jours la campagne de Donald Trump ont donné à ses adversaires de tous bords la chance d'attaquer son style et sa rhétorique qu'ils tiennent pour responsable des récentes violences dans ses meetings. Barack Obama, Hillary Clinton et Bernie Sanders n'ont pas épargné celui qui reste en tête de la course dans le camp républicain.

Dirigeant ses piques vers les candidats républicains, Barack Obama les a invités à rejeter les insultes et les railleries de cour d'école, une allusion aux échanges entre Rubio et Trump sur certains détails peu flatteurs de leur anatomie. Il s'est aussi amusé de la surprise tardive de l'establishment républicain devant les déclarations à l'emporte-pièce de Donald Trump.

« Comment peuvent-ils être surpris ? C'est le type qui était sûr que j'étais né au Kenya et ce même establishment républicain n'a rien dit. Aussi longtemps que j'étais la cible, ça ne les dérangeait pas », déplore Barack Obama.

Hillary Clinton a pour sa part déclaré que la rhétorique de Trump était dangereuse et n'était pas un signe de leadership. « Si vous voyez du sectarisme, vous devriez vous y opposer. Si vous voyez de la violence, vous devriez la condamner et si vous voyez une brute, vous devriez l'affronter », a martelé la favorite pour la primaire démocrate.

Accusé par Trump d'avoir été à l'origine des troubles de vendredi soir à Chicago, Bernie Sanders a démenti avoir organisé la manifestation, ajoutant : « Nos partisans en protestant ne font que répondre à un candidat qui, de bien des façons, a incité à la violence. »

Critiques aussi côté républicain

Si les démocrates blâment Trump pour la violence, ses rivaux républicains, désireux de l'évincer, sont tout aussi critiques. Le milliardaire new-yorkais, lui, accuse ses bruyants opposants de porter atteinte à la liberté d'expression. S'adressant samedi à ses partisans dans l'Ohio et le Missouri, deux des cinq Etats qui ont des primaires mardi 15 mars, Donald Trump a dénoncé ceux qui essaient de semer le trouble dans ses meetings.

« Et tout d'un coup, une attaque planifiée est arrivée de nulle part avec des slogans imprimés par des gens qui étaient des professionnels, tout cela avait été très professionnellement préparé. C'est honteux pour dire le vrai », a-t-il condamné.

Ses rivaux républicains ont bondi sur l'occasion pour attaquer le favori, John Kasich, l'accusant d'avoir créé un environnement toxique, et Marco Rubio d'être responsable des violences et de les avoir encouragées par sa rhétorique insultante et agressive.

« Voilà un homme qui a dit en gros à ses supporters pendant ses réunions de frapper sur ses opposants et qu'il paierait leurs frais de justice, a déclaré Marco Rubio. Quelqu'un qui a encouragé les gens dans la salle à cogner sur ceux qui disent quelque chose qu'il n'aime pas. »

On verra mardi si ces attaques conjuguées de la gauche et de l'establishment républicain ralentissent Donald Trump ou au contraire galvanisent ses légions.

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