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«Panama Papers»/Panama

«Panama papers»: Mossack-Fonseca, un cabinet dans l'ombre du pouvoir au Panama

Panama Ciudad, le 3 avril 2016.
Panama Ciudad, le 3 avril 2016. REUTERS/Carlos Jasso
Texte par : RFI Suivre
5 mn

«Panama Papers», c’est le nom d'un nouveau scandale qui révèle un vaste système d’évasion fiscale au Panama. Une enquête menée par plus de 300 journalistes de médias du monde entier et qui éclabousse des personnalités de toutes origines parmi lesquelles des chefs d’Etat en exercice ou des vedettes sportives. Au cœur de ce scandale de finance off-shore, un cabinet d’avocats, Mossack-Fonseca, intimement lié à l'histoire récente du Panama.

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C’est en 1977 que deux avocats fiscalistes, le Panaméen d'origine allemande Jurgen Mossack, fils d'un Waffen SS, et le Panaméen Ramon Fonseca, créent ce cabinet de conseil qui va se spécialiser dans la domiciliation de sociétés off shore. Tous deux, nés respectivement en 1948 et en 1952, ont fait des études de droit, Ramon Fonseca étant en outre diplômé de la London School of Economics.

Leurs liens privilégiés avec la dictature de Manuel Noriega les aident à développer leurs activités financières. L'homme fort du pays veut doper l'économie du Panama et tire profit de sa position géographique entre les deux Amériques pour bâtir un centre financier puissant avec à la clé secret bancaire et fiscalité zéro pour les revenus issus de l'étranger. Ramon Fonseca Mora restera un proche des milieux politiques puisque de 2014 au mois de mars 2016, il était conseiller du président du Panama, Juan Carlos Varela, poste qu'il vient de quitter, rattrapé par le scandale Petrobras qui déstabilise le Brésil.

Les deux avocats fiscalistes sont décrits comme les plus gros facilitateurs de création de sociétés écrans dans le monde. Leur spécialité : le blanchiment d’argent sale et trouver là ou il est le plus rentable de le placer, par exemple, aux îles Vierges ou encore aux Seychelles, en fonction des lois et des réglementation en vigueur. Parmi les clients du cabinet, des dirigeants de pays corrompus et de régimes autoritaires, ou bien des réseaux criminels. L'enquête permet aussi d'établir l'implication de 12 chefs d'états et de gouvernement dont 6 en exercice, de 128 responsables politiques et haut fonctionnaires de premier plan ainsi que 29 des 500 personnalités les plus riches de la planète aux côtés de milliers d'anonymes.

Ramon Fonseca: «Nous avons été piratés de façon organisée»

Au fil des années, Mossack-Fonseca étend son empire dans plus de quarante pays dans le monde. Après la divulgation des documents hier, dimanche 3 avril, l'affaire est largement à la Une de la presse au Panama. Panama America titre sur le co-fondateur du cabinet d’avocat à l'origine de l'affaire: « Conseiller du président Varela, considéré comme l’un des hommes les plus influents du gouvernement actuel, Ramon Fonseca Mora est impliqué dans un scandale mondial ». L'intéressé s’en défend dans les colonnes de La Estrella : en 40 ans d’exercice la société n’a jamais eu de problèmes car son activité d’ouverture de sociétés est légale, et n’a rien à voir avec celle de ses clients. « Nous ne sommes pas responsables de l’usage qui en est fait, seulement de leur mise en place » explique-t-il.

Ramon Fonseca dénonce « un crime, un délit », une « attaque » contre le Panama et nie les faits qui sont reprochés à son cabinet. « Nous sommes une compagnie avec près de 40 ans de présence sur le marché national et international et nous n'avons jamais été trouvés coupables de quoi que ce soit, se défend l'avocat fiscaliste auprès de nos confrères de l'agence European Broadcasting Union. Mais c'est comme ça, nous avons été piratés de façon organisée. Nous avons déjà réparé les dommages, il est vrai, mais, n'empêche, nous avons été piratés de façon organisée. Tous ces noms répertoriés, y compris les joueurs de foot, les types de la mafia, ce ne sont pas nos clients. Ce sont les clients des banques intermediaires, qui ont achetés une de nos filiales, puis l'ont vendue, et ces gens-là s'en servent pour faire n'importe quoi ».

Les journalistes-enquêteurs ont cependant en leur possession les milliers d'échanges internes entre les employés de Mossack Fonseca et leurs partenaires, des mails qui montrent que les spécialistes de l'offshore réussissent à exploiter les failles du système tout en conservant toujours un coup d'avance sur les tentatives de régulations mondiales.

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