Brésil

«Belle, élégante et femme au foyer»: au Brésil, une interview politique passe mal

Marcela Temer, la jeune femme «belle, élégante et femme au foyer», selon le magazine Veja.
Marcela Temer, la jeune femme «belle, élégante et femme au foyer», selon le magazine Veja. ®http://veja.abril.com.br

Les réseaux sociaux, au Brésil, sont en ébullition, en raison de la procédure de destitution lancée contre Dilma Rousseff par les députés. Mais la présidente n'est pas la seule à faire le buzz, celle qui pourrait devenir la prochaine Première dame aussi.

Publicité

Celle qui a provoqué des dizaines de milliers de commentaires ironiques, est la femme du vice-président, Marcela Temer, 32 ans, et plus de 40 de moins que son mari Michel Temer qui pourrait prendre les rênes du pays si Dilma Rousseff était destituée.

La polémique est partie d'une interview de son épouse par un magazine très à droite politiquement. Le titre du portrait a choqué les internautes : « Bela recatada e do lar », ce qui se traduit par « belle, (ultra)-élégante, et femme au foyer ». Le comble du machisme réactionnaire pour les féministes.

En quelques heures, des milliers, puis des dizaines de milliers de photos ont été postées par des Brésiliennes en colère. Des photos les montrant en train de boire, de faire la fête, de montrer leurs seins, de faire n'importe quoi qui pourrait choquer, en fait, avec comme titre « belle, (ultra)-élégante, et femme au foyer » ! La phrase, donc, la plus reprise sur les réseaux sociaux brésiliens en ce moment.

Dimension politique

Cette polémique est aussi révélatrice des fractures qui transparaissent de cette crise politique. Le portrait de l’épouse du vice-président a révélé l’image que le magazine a voulu donner d’elle : celle d’une épouse obéissante, discrète, sans carrière professionnelle et qui ne se mêle pas de politique.

La réaction sur les réseaux sociaux a été immédiate. Mais ce « belle, (ultra)-élégante, et femme au foyer » a été repris bien au-delà des cercles féministes, notamment pour dénoncer les valeurs traditionalistes de la droite conservatrice brésilienne. Une droite qui tente aujourd’hui de destituer Dilma Rousseff, notamment le lobby très puissant des évangéliques, extrêmement conservateur et rétrograde.

« Ni belle, ni élégante, ni femme au foyer »

Et la polémique ne cesse de rebondir. Ces derniers jours, c’est par le biais de Netflix dont les Brésiliens sont très friands. Après la demande en mariage humoristique en commentaire de la part d’un internaute sur la page officielle de Netflix, l'entreprise a répondu : « Désolée, je ne suis ni belle, ni élégante, ni femme au foyer. »  Il n'en fallait pas plus pour provoquer un énorme éclat de rire sur les réseaux sociaux. Et relancer l'affaire. D'autant que la plateforme de vidéos est déjà associée à la crise politique via sa série à succès américaine House of Cards. Ainsi une parodie a circulé sur Internet ces derniers mois, avec comme titre House of Cunha - du nom du président de l'assemblée, qui tente de faire destituer Dilma Rousseff.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail