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Brésil

Destitution de Dilma Rousseff: qui est Renan Calheiros, le président du Sénat?

Renan Calheiros, président du Sénat brésilien.
Renan Calheiros, président du Sénat brésilien. Jonas Pereira/Agência Senado
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Dilma Roussef joue sa survie à la tête du Brésil. Et elle n'a pas les cartes en main, puisque ce sont les sénateurs qui se réunissent à midi (temps universel), 9h (heure locale). Les sénateurs brésiliens vont se pencher sur l’ouverture d’un éventuel procès en destitution de la présidente Dilma Roussef. Si le vote est positif, la présidente sera écartée du pouvoir pendant six mois maximum au profit de son vice-président, Michel Temer. Pendant ces discussions, un homme risque de dominer les débats. Il s'agit du président du Sénat, Renan Calheiros. Portrait.

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« Renan », comme l’appellent les Brésiliens, est depuis 22 ans le sénateur de l’Etat régional d’Alagoas. Il fait partie du PMDB, le grand parti centriste qui a quitté la coalition gouvernementale fin mars.

Ces dernières semaines, il s’est distingué en se voulant au-dessus de la mêlée, rejetant les pressions des deux camps pour retarder ou accélérer la procédure de destitution de Dilma Roussef.

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Lundi 9 mai, il a ainsi superbement ignoré la tentative du président de la Chambre des députés qui essayait d’empêcher le vote de ce mercredi au Sénat en annulant le vote des députés qui l’avait permis : « Aucune décision autocratique ne peut s’imposer à une décision collégiale », a-t-il martelé.

Ce qui n’empêche pas Renan Calheiros d’être considéré comme un soutien de la chef de l’Etat à la Chambre haute. Début avril, il s’était dit prêt à faire en sorte que des élections anticipées puissent être organisées. Une manière d’offrir une porte de sortie honorable à Dilma Rousseff.

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Renan Calheiros, comme la majeure partie de la classe politique brésilienne, est soupçonné de corruption, visé par onze enquêtes de la Cour suprême. Neuf sont liées à l’affaire Petrobras, dont il a été le vice-président au début des années 1990.

Enfin, en 2007, il avait dû démissionner de la présidence du Sénat, emporté par un scandale mêlant sexe et corruption. Ce qui ne l’avait pas empêché d’être réélu au même poste six ans plus tard.


Quelles conséquences si la destitution est votée ?

L'issue du vote en vue d'une destitution de la présidente brésilienne devrait être connue ce mercredi 11 mai dans la soirée. Si tout se passe comme prévu, les sénateurs brésiliens, qui doivent se retrouver pour une séance plénière à partir de 9h (heure locale), devraient voter l’ouverture d’un procès en destitution contre Dilma Rousseff. Un vote à majorité simple dont l’issue laisse peu de doute puisque déjà 51 sénateurs se sont prononcés en faveur, sur un total de 81 élus.

Pour rappel, Dilma Rousseff est soupçonnée d’avoir fait supporter aux banques publiques des dizaines de milliards de dépenses incombant au gouvernement et d’avoir également décrété des dépenses qui n’avaient pas été inscrites dans la loi des finances. Une pratique courante au Brésil, mais une loi condamne ces agissements. Et c’est sur cette loi que se base cette procédure.

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Si le Sénat vote en faveur de l'ouverture d'un procès en destitution, Dilma Rousseff sera suspendue de manière automatique de ses fonctions pour une période pouvant aller jusqu’à 180 jours. Le vice-président Michel Temer assurera alors l’intérim. Ensuite, un procès se tiendra et à son issue, les sénateurs voteront une seconde fois pour destituer définitivement Dilma Rousseff. Une majorité des deux tiers sera cette fois nécessaire.

Ce mardi 10 mai au soir, le gouvernement a saisi le Tribunal suprême fédéral (STF) pour demander l’annulation de la procédure de destitution. A l’heure actuelle, cette instance ne s’est pas prononcée, mais elle pourrait très bien le faire durant la séance plénière au sénat. Après les rebondissements de ces deux derniers jours, le Brésil n’est pas à l’abri d’une nouvelle surprise.

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