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Brésil / Dilma Rousseff

Brésil: une journée qui restera à jamais gravée dans les mémoires

Le vice-président Michel Temer porte le document certifiant ses nouvelles fonctions de président par intérim du Brésil, le 12 mai 2016.
Le vice-président Michel Temer porte le document certifiant ses nouvelles fonctions de président par intérim du Brésil, le 12 mai 2016. REUTERS/Marcos Correa/Présidence du Brésil

Après des rebondissements qui ont laissé sans voix la classe politique brésilienne et les plus grands experts, le Sénat a finalement voté en faveur de l’ouverture d’un procès en destitution contre la présidente. Dilma Rousseff est désormais suspendue de ses fonctions pour une période pouvant aller jusqu’à 180 jours et c’est Michel Temer, le vice-président, qui va désormais assurer l’intérim.

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Brasilia mais également le reste du pays vient de vivre un véritable marathon avec une séance plénière interminable du Sénat qui s’est achevée après près de 18 heures de débat. La séance a validé par un vote à majorité simple l’ouverture d’un procès en destitution de Dilma Rousseff. 55 sénateurs se sont prononcés pour et 22 contre sur un total de 81 élus.

Dilma Rousseff est désormais suspendue de ses fonctions et une enquête va être lancée à son encontre pour déterminer sa responsabilité dans le dossier du maquillage des comptes publics. La présidente déchue, qui se défend d’avoir réalisé quoi que ce soit d’illégal, aura ainsi l’occasion de se défendre, enfin. Mais cette enquête risque d’être longue. D’ailleurs, le président du Sénat avait prévenu ses compatriotes ce mercredi lors de l’ouverture de la séance plénière : cette procédure sera « longue et douloureuse pour le pays ».

Un procès sous quelle forme ?

Les juges du Tribunal suprême fédéral vont se charger de ce procès historique (qui se tiendra au Sénat), mais ce ne sont pas ces juges qui communiqueront le verdict. Ce sont les sénateurs qui auront la responsabilité de trancher en votant pour ou contre la destitution définitive de Dilma Rousseff. Un vote où, cette fois, contrairement à celui qui s’est tenu ce jeudi matin, une majorité des deux tiers sera nécessaire.

Les scénarii envisagés à l’issue de ce procès

Tout d’abord l’éventualité qu’il n’y ait pas de majorité des deux tiers lors de ce second vote existe toujours. Si tel est le cas, Dilma Rousseff reprendra ses fonctions. Mais ce scénario semble quasiment impossible à l’heure actuelle puisque ce jeudi, déjà deux tiers des sénateurs ont voté pour l’ouverture du procès en destitution alors qu’une majorité simple aurait suffi.

Si Dilma Rousseff est définitivement écartée, Michel Temer, le président intérimaire, pourra aller jusqu’au bout du mandat électif pour lequel elle avait été élue, c’est-à-dire jusqu’au 31 décembre 2018. Mais des élections anticipées pourraient également être convoquées. En cause : la crise économique sans précédent que le pays connaît, peut-être la pire de son histoire. Mais selon de nombreux politologues brésiliens, ce scénario a très peu de chance de se produire.

Un autre scénario obligerait les autorités à convoquer des élections anticipées, puisque Dilma Rousseff, au même titre qu’Aécio Neves, le chef de l’opposition, fait l’objet d’une enquête du Tribunal électoral sur les comptes de campagne pour la dernière élection présidentielle. Si cette instance trouve des irrégularités, ce tribunal pourrait tout simplement annuler la présidentielle de 2014, ce qui entraînerait de facto des élections anticipées.

Un système politique au bord de l’implosion

Beaucoup d’experts pensent que la loi électorale adoptée en 1988 après la dictature militaire n’est plus viable, qu’elle a atteint ses limites. Un système d’élection à la « super proportionnelle » qui, selon ces experts, a favorisé l’émergence de nombreux micro partis.

25 formations politiques sont actuellement représentées à la Chambre des députés sur un total de 35 partis existants dans le pays, ce qui favorise la corruption selon les politologues brésiliens. Gouverner ce pays sans alliance est donc tout simplement impossible. Et forcément, aucune de ces formations politiques ne souhaite une réforme de la loi électorale puisque cela signifierait pour certaines d’entre elles une disparition pure et simple. Une réforme est nécessaire estiment ces experts, mais en l’état actuel des choses, elle leur semble impossible.

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