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Bolivie/Chili

Conflits frontaliers: poussée de fièvre entre la Bolivie et le Chili

En mars 2016 le président Morales s'est rendu aux sources de la rivière Silala dans le département de Potosi en Bolivie: l'exploitation des eaux de la rivière fait l'objet d'un conflit avec le Chili voisin.
En mars 2016 le président Morales s'est rendu aux sources de la rivière Silala dans le département de Potosi en Bolivie: l'exploitation des eaux de la rivière fait l'objet d'un conflit avec le Chili voisin. AIZAR RALDES/AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Amérique du Sud, le ton monte entre la Bolivie et le Chili. Les deux pays, voisins mais qui entretiennent depuis toujours des relations houleuses, ont ces derniers jours multiplié les déclarations aux accents martiaux. La cause de cette tension : des supposées bases militaires installées trop près de leur frontière commune.

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Avec notre correspondant à La Paz,  Reza Nourmamode

La prise de bec entre les deux pays a débuté dimanche dernier avec une déclaration d’Evo Morales qui a dénoncé publiquement l’existence d’une base militaire chilienne à moins de 15 kilomètres de la frontière entre les deux pays : « C'est une agression à la vie et à la patrie », a lancé le président bolivien.

Selon La Paz, les traités internationaux stipulent qu’aucune base militaire ne peut être installée à moins de 50 km de la frontière. Menaçant de porter l’affaire devant l’Unasur, l’Union des nations sud-américaines, Evo Morales ajoutait : « Ce n’est pas avec des missiles et des tanks de guerre que l’on construit un bon voisinage. »
Tout en se déclarant disposé à un « dialogue ouvert et sincère », le leader indigène a dit ne pas comprendre le « militarisme » du Parti socialiste du Chili.

La riposte du Chili

Des accusations qui ne sont évidemment pas restées sans réponse. Et le Chili a tout d’abord nié l’existence d’une telle installation militaire. Le ministre chilien de la Défense a expliqué qu’il ne s’agit que de patrouilles qui ont pour mission d’éviter l’entrée de « délinquants depuis la Bolivie ». José Antonio Gomez a aussi conseillé au président bolivien de « s'occuper de ses propres frontières ».

Le gouvernement chilien a ensuite dénoncé à son tour l'existence d'une base militaire bolivienne, qui serait-elle située à seulement un kilomètre et demi de la frontière. Enfin, le représentant chilien devant la Cour internationale de justice de La Haye, José Miguel Insulza, a averti La Paz : « J’espère qu’Evo Morales ne cherche pas la guerre, car ce serait une erreur de sa part. »

Deux différends territoriaux jamais réglés

Deux conflits diplomatiques opposent les deux voisins. Le premier conflit est de très longue date : la Bolivie réclame au Chili de lui rendre un accès souverain à l'océan Pacifique, accès perdu lors d'une guerre au XIXe siècle. Un dossier qui est depuis 2013 examiné par la Cour de justice de La Haye. La Bolivie et le Chili ont d’ailleurs rompu leurs relations diplomatiques en 1978 en conséquence de ce différend territorial.

L'autre conflit concerne l'exploitation des ressources hydriques d'un fleuve transfrontalier, le Silala, dont le cours passe justement dans la région où serait située la supposée base militaire chilienne. Ce conflit a été réactivé ces derniers mois par la Bolivie, qui envisage de le porter également devant la Cour internationale de La Haye.

Sur cette carte de la région frontalière entre le Chili et la Bolivie, le rio Silala.
Sur cette carte de la région frontalière entre le Chili et la Bolivie, le rio Silala. Wikimedia Commons / maps-for-free.com and Createaccount

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