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Brésil

Brésil: première journée de Michel Temer dans la peau d'un président

Michel Temer, Brasilia, 12 mai 2016.
Michel Temer, Brasilia, 12 mai 2016. REUTERS/Paulo Whitaker
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Le nouveau président par intérim du Brésil, Michel Temer, a pris ses fonctions jeudi 12 mai 2016, après la mise en accusation de Dilma Rousseff par le Sénat fédéral, en vue d'un procès en destitution. Dilma Rousseff a promis de se battre, continuant de dénoncer un coup d'Etat institutionnel. L'ancien vice-président prend les commandes d'un pays sous pression.

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Avec nos correspondants au Brésil,  François Cardona  et  Martin Bernard

Michel Temer a tenu son premier Conseil des ministres, jeudi en fin d’après-midi à Brasilia. Le gouvernement qu'il a formé est plus restreint, mais surtout très masculin, puisqu'aucune femme n’en fait partie. Un contraste fort, alors que Dilma Rousseff était la première femme présidente de l’histoire du Brésil.

Le nouveau président par intérim va devoir redresser l’économie brésilienne, en récession, frappée par des niveaux record de chômage et d’inflation des prix. Conciliant, dans son premier discours, il a promis qu’il allait conserver les principaux programmes sociaux qui avaient fait le succès du Parti des travailleurs.

La promesse du nouveau président brésilien par intérim

M. Temer veut « pacifier la nation et unifier le Brésil ». Il a assuré que l’enquête sur le scandale de corruption Petrobras allait continuer sans entrave, alors que le président du Sénat fédéral et l’ancien président du Congrès des députés, deux de ses alliés proches, sont soupçonnés d’avoir touché d’importants pots-de-vin.

Le président parle de « confiance dans les valeurs qui forment le caractère de nos gens, dans la vitalité de notre démocratie ; confiance dans la récupération de l'économie nationale, dans les potentiels de notre pays, de ses institutions sociales et politiques et dans la capacité d'union pour faire face aux défis et difficultés actuels ».

Discours du nouveau président intérimaire du Brésil, Michel Temer, le 12 mai 2016 à Brasilia.
Discours du nouveau président intérimaire du Brésil, Michel Temer, le 12 mai 2016 à Brasilia. REUTERS/Adriano Machado

A Sao Paulo, dans les milieux financiers, l'espoir domine

De son côté, mise à l'écart du pouvoir en attendant son procès en destitution, Dilma Rousseff ne s’avoue pas vaincue pour autant. Dans un discours retransmis en direct à la télévision, elle a pour sa part dénoncé un coup d’Etat, et promis qu’elle allait lutter pour conserver son mandat, tout en appelant à la mobilisation.

En attendant, les milieux d’affaires poussent dans l’ensemble un gros soupir de soulagement. Depuis le début de l’année, alors que le départ de la présidente de gauche se dessinait peu à peu, la Bourse a bondi de 40 %. Les milieux financiers attendent à présent une amélioration du climat des affaires, une reprise des investissements et de la croissance.

Les nouveaux maîtres de Brasilia peuvent-ils réformer le pays ?

Les financiers espèrent que le nouveau ministre des Finances, Henrique Meirelles, saura sortir le pays de la récession. Ils font confiance à ce dernier, qui a déjà présidé la Banque centrale dans les années 2000. Mais d’autres mettent également en garde contre un excès d’optimisme. Car les défis sont énormes.

Certains doutent que Michel Temer, issu de la classe politique traditionnelle, soit en mesure de provoquer de réels changements, alors que les scandales de corruption ont empoisonné le climat des affaires. « J'ai la conviction absolue qu'il faut récupérer la crédibilité du Brésil sur le plan intérieur et sur le plan international », promet cependant le nouveau chef d'Etat.

Le groupe qui actuellement accède au pouvoir tranquillement, qui détient actuellement le gouvernement et les cabinets en train de se constituer, réunit le plus de condamnés ou mis en accusation pour corruption de l'histoire de la République

Professeur Maud Chirio, spécialiste du Brésil, maître de conférences à l’université Paris-Est Marne-la-vallée

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