Revue de presse des Amériques

A la Une: le président vénézuélien menace de durcir l’état d’exception

Vendredi, le président Maduro avait décrété «l'état d'exception et d'urgence économique».
Vendredi, le président Maduro avait décrété «l'état d'exception et d'urgence économique». REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Publicité

« Face à cette opposition qui conspire avec des puissances étrangères, nous allons défendre le droit de notre patrie à construire son propre destin », a déclaré ce mercredi Nicolas Maduro. « Le chef de l'Etat [vénézuélien] a expliqué que la Constitution vénézuélienne prévoit trois niveaux d'état d'exception » et qu'il n'hésiterait par durcir celui en vigueur si la situation le nécessite, rapporte le journal 2001.

« La Constitution... justement, parlons-en ! », s'exclame de son côté le quotidien d'opposition Tal Cual. « Cette Constitution, que feu Hugo Chavez appelait la meilleure Constitution du monde, donne explicitement le droit aux citoyens vénézuéliens de révoquer leur président. Alors, arrêtons la haine et l'affrontement entre Vénézuéliens ! La solution est très simple : respectons la Constitution et organisons un référendum ! »

L'éditorialiste d’El Nacional se réjouit aujourd'hui de la fermeté de l'opposition qui a promis de rester dans la rue tant que les institutions ne donnent pas leur feu vert pour l'organisation du référendum. « Contrairement à ce qui s'est passé en 2014, quand seule la frange radicale de l'opposition demandait le départ de Nicolas Maduro, l'opposition dans son ensemble   et avec elle une large partie de la population   exige maintenant un changement politique », analyse le journal avant de conclure : « Cette nouvelle stratégie de la MUD est salutaire et mènera peut-être la révolution bolivarienne à sa fin ».

Mais des voix critiques se font aussi entendre vis-à-vis de l'opposition : Une opposition hétéroclite qui, selon certains, manque d'unité et d'une vision commune pour l'avenir du pays, autre que le désir partagé de voir partir Nicolas Maduro du palais présidentiel.

« Si le régime chaviste réussit pour l'instant à élargir son pouvoir et à se maintenir, c'est, entre autres, en raison de l'absence d'organisations politiques fortes, capables de représenter la société vénézuélienne pour défendre la démocratie », estime Ultimas Noticias. Le journal appelle à la refondation de la classe politique vénézuélienne : « Créons un grand mouvement politique social-chrétien. Un mouvement basé sur nos valeurs de vérité, de liberté, de dignité des hommes, de justice sociale et de solidarité. C'est cela notre force. Et c'est le moment ou jamais ».

D'autres commentateurs estiment que les voisins latino-américains pourraient avoir un rôle à jouer dans la crise. « Les partenaires commerciaux du Venezuela sont directement affectés par l'incapacité croissante de Caracas à payer ses dettes et à maintenir les importations. Si la situation s'aggrave, ses voisins craignent de devoir affronter les conséquences d'une crise humanitaire ainsi qu'une vague de réfugiés », rapporte El Universal qui poursuit : « Aucun pays de la région n'a intérêt à ce que le Venezuela s'effondre complètement. C'est pourquoi les voisins doivent nous aider à trouver une issue pacifique et démocratique à cette crise en créant notamment un groupe d'amis pour lancer des pourparlers, comme le prévoit la charte démocratique interaméricaine », rappelle El Universal.

Colombie : un pas de plus vers la paix

Une commission spéciale de la Chambre basse colombienne a approuvé, mercredi 18 mai, les termes de l'accord de paix conclu entre le gouvernement et la guérilla des FARC. « Pas une virgule n'a été changée », souligne Semana. Avec l'approbation du Parlement colombien, le futur accord de paix s'inscrira donc dans la Constitution, « manière de protéger ce texte au-delà du mandat de Juan Manuel Santos et d'inciter les FARC à déposer définitivement les armes », se félicite le journal.

Brésil : plaidoyer pour la remise en place du Ministère de la Culture

Il existe depuis 1985 et a disparu avec l'arrivée de Michel Temer à la présidence du Brésil : le ministère de la Culture a fusionné avec celui de l'Education. Une mesure prise pour réduire les dépenses, mais qui a créé la polémique. Aujourd'hui, le sociologue brésilien Danilo Santos de Miranda écrit un vibrant plaidoyer pour la culture dans le journal Folha de São Paulo, avec ce titre : « Sans ministère propre, la culture restera dans le coma ». La culture n'est plus autonome au sein du nouveau gouvernement de Michel Temer : elle a désormais le statut de simple secrétariat.

Pour Danilo Santos de Miranda, c'est une atteinte au droit à la liberté, voire même une « violation de la citoyenneté », car la culture fait partie des droits de l'homme. En 1985, après plus de 20 ans de dictature, la création du ministère avait, d'ailleurs, été vue comme un symbole du retour à la démocratie. Michel Temer pourrait donc faire marche arrière. D'ailleurs mercredi 18 mai, le président du Sénat lui a déjà demandé de recréer le ministère de la Culture.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail