Paln Condor

Procès du plan Condor en Argentine: 15 ex-militaires condamnés

Orletti aujourd'hui: pendant la dictature militaire argentine (1976-1983), ce garage Automotores Orletti fut le centre opérationnel du plan Condor à Buenos Aires.
Orletti aujourd'hui: pendant la dictature militaire argentine (1976-1983), ce garage Automotores Orletti fut le centre opérationnel du plan Condor à Buenos Aires. Presidence argentine

En Argentine, quinze anciens militaires ont été condamnés vendredi 27 mai au soir pour la disparition de 105 personnes de cinq nationalités différentes dans les années 70. Le tribunal a considéré prouvée l’existence du Plan Condor, mis en place par les dictatures de six pays sud-américains pour traquer de supposés subversifs. Un procès historique.

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Justice a été rendue : sur les 17 prévenus encore en vie, quinze ont été condamnés et deux personnes ont été relaxées. Pour l’essentiel, le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public. Reynaldo Bignone, le dernier chef de la junte argentine (1982-83), déjà condamné dans d’autres procès, écope d’une peine de vingt ans. L’ancien militaire uruguayen Manuel Cordero, qui a séquestré et assassiné des ressortissants de son pays en Argentine, prend lui 25 ans. Parmi ses victimes, Sara Méndez, qui a survécu à la détention « J’ai été séquestrée ici en Argentine, je suis Uruguayenne. Après avoir été torturée pendant plusieurs jours, j’ai été transférée en Uruguay », explique-t-elle à notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet.

Le jugement valide l'existence du plan Condor

Au-delà de la réparation, la satisfaction des parties civiles à l’issue du verdict s’explique par le fait que les juges ont considéré comme prouvée l’existence du Plan Condor, véritable organisation criminelle mise en place par les dictatures sud-américaines dans les années 70 pour traquer des opposants sans tenir compte des frontières entre leurs pays. Pour le procureur Carlos Oubiña, c’était l’enjeu du procès. « Je considère très important qu’ait été prouvée la coordination répressive illégale entre plusieurs pays dans le cadre du Plan Condor », se réjouit le procureur.

Grâce à la justice argentine, une partie du Plan Condor a été dévoilée. Les défenseurs des droits de l’homme espèrent maintenant que des procès s’ouvriront dans les autres pays qui ont participé à cette internationale de la répression.

En Argentine, les Mères de la place de Mai se sont battues pour que l'Etat argentin se penche sur le cas des 30 000 disparus sous la dictature, entre 1976 et 1983.
En Argentine, les Mères de la place de Mai se sont battues pour que l'Etat argentin se penche sur le cas des 30 000 disparus sous la dictature, entre 1976 et 1983. (Photo: AFP)

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