Mexique

Elections locales au Mexique: un baromètre avant la présidentielle de 2018

Le président mexicain Peña Nieto brandissant le document contenant la demande de légalisation de la marijuana à des fins thérapeutiques, à destination du Parlement, le 21 avril 2016.
Le président mexicain Peña Nieto brandissant le document contenant la demande de légalisation de la marijuana à des fins thérapeutiques, à destination du Parlement, le 21 avril 2016. REUTERS/Edgard Garrido

Dimanche 5 juin, il y a des élections locales dans 14 Etats du Mexique. Le tiers de l'électorat est appelé aux urnes. Dans douze de ces Etats, les Mexicains vont devoir élire leur nouveau gouverneur, en plus des maires et des députés locaux. Ces élections constitueront un baromètre au niveau national pour le scrutin présidentiel de 2018.

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De notre correspondant à Mexico, Patrick John Buffe

Ces élections locales doivent permettre de savoir comment vont se positionner les principaux partis sur l’échiquier politique. A commencer par le PRI, le Parti révolutionnaire institutionnel du président Peña Nieto. Ce parti gouverne actuellement neuf des Etats où auront lieu ces élections. Pour le PRI, l’enjeu est donc de conserver le pouvoir dans ses bastions. Et surtout dans cinq d’entre eux qui n’ont jamais connu d’alternance, puisqu’ils ont, depuis toujours, été gouvernés par le PRI, comme c’est le cas de Veracruz et de Tamaulipas !

Dernières élections avant 2018

Il sera aussi intéressant de voir quelle force a acquise le nouveau parti de gauche Morena, de l’ex-candidat présidentiel Andrés Manuel Lopez Obrador. Le Mouvement de régénération nationale pourrait en effet déplacer le principal parti de gauche, le PRD, aujourd’hui en perte de vitesse.

Les élections de dimanche 5 juin vont constituer un baromètre au niveau national. Car ce sont les dernières élections avant la présidentielle de juillet 2018. Elles sont importantes en raison de leur poids électoral et du nombre d’Etats – douze au total - où sera renouvelé le poste de gouverneur. Des gouverneurs qui, au Mexique, continuent à jouer un rôle décisif pour orienter le vote lors d’une élection présidentielle.

Des campagnes électorales marquées ... par l'absence de débats

D’une manière générale, on a assisté à des campagnes dominées par le dénigrement et les insultes entre adversaires des différents partis. Les candidats ont recouru à l’espionnage téléphonique, se sont traités de tous les noms, ont accusé leurs opposants de corruption, d’enrichissement illicite ou même de liens avec des réseaux de pornographie infantile. Ces candidats ont ainsi démontré leur incapacité à débattre et à faire des propositions constructives.

Un climat d'insécurité

Comme c’était prévisible, les narcotrafiquants ont réussi à s’insérer dans le processus électoral. Et cela dans plusieurs Etats, comme Veracruz et surtout Tamaulipas. Dans cet Etat frontalier avec les Etats-Unis, une cinquantaine de candidats à des postes municipaux auraient été contraints de démissionner face aux pressions du crime organisé. D’autres ont renoncé à faire campagne dans certaines municipalités en raison de l’insécurité qui y règne. Autant dire que la violence et la criminalité qui touchent plusieurs Etats du nord du pays pourraient affecter le bon déroulement des élections de dimanche.

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