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Colombie

Accord avec les FARC en Colombie: la fin du plus vieux conflit d'Amérique latine

Le président colombien Juan Manuel Santos (g) et le chef suprême des FARC Timoleon Jimenez, encadrés par le président cubain Raul Castro.
Le président colombien Juan Manuel Santos (g) et le chef suprême des FARC Timoleon Jimenez, encadrés par le président cubain Raul Castro. REUTERS/Alexandre Meneghini
Texte par : RFI Suivre
8 mn

Le gouvernement colombien et la guérilla des FARC ont signé jeudi à La Havane un accord historique sur un cessez-le-feu définitif et le désarmement de la rébellion, ouvrant la voie à la résolution rapide d'un conflit qui a ravagé le pays pendant plus d'un demi-siècle.

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Désormais, ils nous garantissent que les armes ne seront plus jamais au service de la guerre, mais qu'ils vont enfin être réintégrés à la société. (...) La paix est à notre porte, comme l'a bien dit notre président.

Ecoutez le reportage à La Havane

« Aujourd'hui est un jour historique pour notre pays (...) nous avons mis un point final au conflit armé avec les FARC », s'est réjoui le président colombien Juan Manuel Santos après avoir serré la main du chef suprême des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) Timoleon Jimenez, sous le regard de plusieurs chefs d'Etat et du secrétaire général de l'ONU.

L'accord doit entrer en vigueur à partir de la signature finale de l'accord de paix, le 20 juillet en Colombie. Il établit les modalités de « l'abandon des armes, des garanties de sécurité (pour la rébellion) et de la lutte contre les organisations criminelles » au terme de pourparlers menés depuis trois ans et demi à Cuba.

Ban Ki-moon s'est réjouit de ce moment historique, même si il reste encore des points à régler pour l'accord final. « Dans un monde dévasté par des guerres qui ne semblent pas pouvoir être résolues, le processus de paix en Colombie nous impose un engagement essentiel : un accord de cessez-le-feu et l'abandon des armes. Aux Nations unies, nous sommes décidés à faire tout ce qui est possible pour qu'avec le gouvernement et les Farc, nous puissions transformer cet extraordinaire processus de négociations en une mise en œuvre exemplaire des engagements de paix », a-t-il déclaré.

Et d'ajouter : « Au cours de ma dernière année en tant que secrétaire général des Nations unies, c'est un véritable privilège de participer à cet événement historique. C'est pour moi un honneur de partager avec vous ce travail pour jeter les bases d'une paix durable et un meilleur futur pour tous les habitants du pays. Excellences, Mesdames et Messieurs, travaillons maintenant ensemble pour que les promesses de paix qui se scellent aujourd'hui à La Havane deviennent une réalité en Colombie », a-t-il souhaité.

260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés

Les quelque 7 000 combattants de cette guérilla issue en 1964 d'une insurrection paysanne seront placés dans 23 zones où leur sécurité sera garantie, et devront remettre leurs armes aux membres d'une mission des Nations unies qui sera dépêchée en Colombie une fois la paix signée.

Le désarmement devra être mené à bien dans les 180 jours suivant la signature d'un accord de paix final et l'ONU devra aussi détruire ces armes. Cette étape décisive permet enfin d'envisager pour bientôt la fin du plus vieux conflit d'Amérique latine, qui a fait depuis 52 ans au moins 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

Les Etats-Unis ont félicité le gouvernement colombien pour être parvenu à cet accord qui « représente un progrès important pour mettre fin au conflit », selon Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama. La France s'est également félicitée de l'accord et s'est dite « prête » à participer à la mission d'observation du cessez-le-feu, dans un communiqué du ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.


Les indigènes Nasa heureux de la signature

La région du Nord Cauca a beaucoup souffert du conflit. C'est le cas à Toribio, une municipalité de 32 000 habitants qui fait partie de la réserve des indigènes Nasa.

On a organisé un événement sur la place du village en rappelant que notre communauté réclamait cette paix à grands cris, car nous étions très affectés par le conflit. (...) On a été attaqués 14 fois par la guérilla, on a été harcelés 753 fois, il y a eu 355 combats entre la guérilla et l'armée dans notre municipalité, trois attentats terroristes, trois destructions dans les zones peuplées.

Esneyder Gomez Salamanca

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