Etats-Unis

«Brexit»: les Etats-Unis relativisent, le Dow Jones repart

Barack Obama l'affirme : le «Brexit» ne changera rien aux relations entre Londres et Washington.
Barack Obama l'affirme : le «Brexit» ne changera rien aux relations entre Londres et Washington. REUTERS/Kevin Lamarque

Le 23 juin dernier, les Britanniques se sont majoritairement prononcés en faveur d’une sortie de l’Union européenne. Une décision qui a eu des répercutions bien au-delà du Vieux continent. Une semaine après ce vote historique, comment les Américains réagissent-ils au « Brexit »?

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Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Passé le choc de l’annonce, les Américains ont retrouvé leur sang-froid. Si vendredi, l’indice Dow Jones plongeait de plus de 600 points, il les a pratiquement regagnés au cours des trois derniers jours. Le mot d’ordre est « pas d’affolement ». Dans l’immédiat, les experts ne prédisent pas de conséquences catastrophiques, mais n’écartent pas en revanche la possibilité sur le plus long terme d’une nouvelle récession.

Le dollar fort a évidemment un désavantage pour le secteur manufacturier dont les produits deviennent plus chers pour les Européens. Mais les taux d’intérêt resteront faibles, la FED renonçant pour le moment à les relever, ce qui est bon notamment pour l’industrie automobile et l’immobilier. Le Fonds monétaire international craint un ralentissement de la croissance mondiale, ce qui aura forcément un impact sur les Etats-Unis, mais pas tout de suite. Certes les milieux d’affaires américains et Wall Street qui n’aiment pas l’incertitude auraient préféré, à l’inverse de Donald Trump, que le Royaume-Uni reste dans l’Union européenne, mais après le divorce, ils sont plutôt restés calmes.

Sur le plan politique, le « Brexit » est un revers pour Barack Obama qui avait pris des risques en allant à Londres pour soutenir les partisans du maintien. Alors le locataire de la Maison Blanche ne cesse de le répéter - et il l’a encore redit hier à Ottawa : « Brexit » ou pas, il n’y a rien de changé dans la relation spéciale qu’ont toujours eu les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Coopération militaire inchangée

Les liens d’unité perdurent. Au Pentagone, qui a été stupéfié par le résultat du référendum, on affirme que quels que soient les changements politiques et économiques qui accompagneront la transition, il y a un domaine qui sera épargné, c’est celui de la coopération militaire entre les deux pays qui a atteint son plus haut niveau depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Washington accorde aux Britanniques plus de privilèges militaires, notamment dans le domaine du renseignement, qu’à n’importe quel autre pays. L’une des raisons de l’optimisme des Américains, c’est que la majeure partie de cette coopération avec leurs homologues britanniques s’effectue sur une base bilatérale ou dans la cadre de l’Otan et non dans celui de l’UE.

 → A (RE)LIRE : Défense européenne: ce que le «Brexit» va changer, ou peut changer

Le « Brexit » dominera probablement d'ailleurs le prochain sommet de l’Alliance atlantique le mois prochain à Varsovie. Avec même cette petite inquiétude que le sujet fasse passer au second plan les discussions sur les conflits en Ukraine et en Afghanistan.

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