Etats-Unis

Etats-Unis: une «très étrange» Convention républicaine pour le sacre de Trump

Street Art «Donald Trump» à Cleveland, Ohio, le 17 juillet 2016.
Street Art «Donald Trump» à Cleveland, Ohio, le 17 juillet 2016. REUTERS/Jim Urquhart

La Convention républicaine commence ce 18 juillet à Cleveland, dans l'Ohio. Et les 4 000 délégués devraient investir leur candidat, Donald Trump, jeudi. Toute la semaine sera donc consacrée à motiver ces grands électeurs venus de tous les Etats-Unis pour un rendez-vous qui n’a lieu que tous les quatre ans. Le colistier du milliardaire, Mike Pence, s’exprimera mercredi. Et Donald Trump prononcera en clôture un discours très attendu. Il ne cache pas son plaisir à l’idée d’accepter l’investiture.

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Avec notre correspondante à Washington,
 

Personne, pas même Donald Trump lui-même d’après la presse américaine, personne n’imaginait l’investiture du milliardaire lors de cette Convention, voilà un an. Mais le candidat Trump a surpris tout le monde ; il a éliminé 16 opposants sans ménagement et va vivre son heure de gloire. Il sera investi, contre les caciques, et contre un Parti républicain crispé mais avec un soutien populaire sans précédent. Jamais autant d’électeurs n’avaient participé aux primaires.

Donald Trump touche donc au but. Les sondages n’ont jamais été aussi favorables, car Hillary Clinton est en perte de vitesse et rien de devrait empêcher, jeudi, le milliardaire d’accepter enfin une investiture obtenue dans la douleur. Enfin, le choix de son colistier, Mike Pence, est considéré par beaucoup comme un éclair de génie. Le gouverneur de l’Indiana a toutes les qualités qui manquent au milliardaire. C’est un idéologue ultra conservateur, sans trop de charisme. 

J'ai mis des posters politiques un peu explicites. Depuis on a beaucoup de gens qui prennent des photos de notre vitrine avec leurs téléphones. Donc apparemment ça attire l'attention et ça devrait être bénéfique pour notre affaire !

Reportage de Romain Lemaresquier dans les rues de Cleveland

Dernière manoeuvre des délégués républicains anti-Trump

Donald Trump sera investi jeudi 21 juillet. Mais il reste tout de même, au sein du Parti républicain, des anti-Trump très actifs. En effet, la crise existentielle provoquée par la victoire du milliardaire lors des primaires n’est pas réglée. Les anciens présidents Bush, et les anciens candidats investis, ne cachent pas leur hostilité à ce candidat  « populiste et peu orthodoxe ». Ils ont choisi d’être absents avec ostentation. 

Et puis, il reste des délégués rebelles, qui ont fondé le mouvement « Jamais Trump », et vont tenter de perturber les opérations de vote. Ils manifestent ce lundi dans le centre de Cleveland. Mais personne ne croit plus désormais à leur « coup d'Etat » annoncé. Personne en effet ne voit comment ils pourraient désormais réussir à gâcher la fête de Donald Trump, car ils n’ont pas pu faire changer les règles. Et c’est là que devrait intervenir Mike Pence. Le colistier est considéré comme un conservateur « chimiquement pur », qui a prouvé son adhésion aux valeurs du parti. Sa mission est clairement d’aller chercher un par un les délégués perdus.

Les Conventions, en principe, sont l’occasion d’un spectacle. On est en principe assuré d’un rebond dans les sondages après la Convention. Mais ceci dit, je pense que cette année, nous avons une très étrange Convention, car il y a beaucoup de républicains, et un grand nombre de délégués, qui n’aiment pas ou ne soutiennent pas Donald Trump. Nous avons déjà eu des primaires très dures, mais quand c’est fini, en principe le parti panse ses plaies et les gens se rassemblent derrière le candidat… Là, le fait que le dernier président républicain, George Bush, refuse de soutenir le candidat est très important. C’est vraiment anormal!

«Une très étrange Convention», selon les analystes politiques

Le dispositif de sécurité renforcé à Cleveland

L’Ohio est un Etat qui autorise le port d’armes dans la rue si l’on dispose d’une licence, explique notre envoyé spécial à Cleveland, Romain Lemaresquier. A l’occasion de la Convention républicaine, cette autorisation n’a été restreinte que dans le périmètre de sécurité mis en place par les services secrets américains, ce qui signifie qu’une personne se trouvant en dehors du cordon policier peut tout à fait déambuler avec son arme.

Pour éviter d’éventuels dérapages, surtout lors des manifestations prévues à l’occasion de cette Convention, 3 500 policiers ont été déployés dans le centre-ville.
La police de Cleveland a bénéficié en plus d’une aide de l’Etat fédéral à hauteur de 50 millions de dollars pour s’équiper. Uniforme anti-émeute, moyens de transport, gaz lacrymogène, font partie des récents achats de cette ville de l’Ohio, dont la police traîne une mauvaise réputation.

Il faut dire que les violences policières sont légion dans cette ville. C’est à Cleveland il y deux ans, par exemple, que le jeune Tamir Rice avait été abattu par la police, alors qu’il jouait dans un parc avec un pistolet factice. Les services secrets sont également déployés dans tout le centre-ville, mais il est impossible de savoir combien d’hommes ont été mobilisés pour l’occasion. Des barrières ont été érigées un peu partout près de la salle où se tiendra la Convention, une zone où il est désormais pratiquement impossible de se rendre en voiture.

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